Tandis que les artisans sont dans la rue depuis lundi, pour dénoncer la politique économique du Gouvernement, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron a indiqué qu'un "groupe de travail" de PME "planchera pour rendre la pénibilité supportable pour les entreprises". Parallèlement, la lutte contre le travail illégal franchit une nouvelle étape. Explications.

Le Gouvernement demeure à l'écoute des préoccupations des chefs d'entreprises. Alors que plusieurs milliers de patrons sont descendus dans la rue lundi 1er décembre à Paris et Toulouse suivis par des actions dans toute la France ce mardi, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron a annoncé qu'un "ajustement se ferait dans les prochains mois concernant le compte individuel de pénibilité."

 

Si l'idée de ce compte est "louable", "force est de constater que cette réforme n'est pas comprise, n'est pas acceptée et ne correspond pas à la réalité des PME et des ETI", a estimé le ministre de l'Economie, lundi soir à l'occasion de la première édition d'une conférence franco-allemande organisée par "Les Echos" et son homologue le "Handelsblatt".

 

"Le souhait du Gouvernement est donc d'utiliser les prochains mois pour suivre sa mise en œuvre (...) La volonté est de garder l'idée première mais de la rendre beaucoup plus opérante", a poursuivi Emmanuel Macron.

 

Les PME en première ligne

 

Le ministre a aussi confirmé qu'un "groupe de travail" de PME plancherait pour "rendre la pénibilité supportable pour les entreprises", lesquelles y seraient représentées.
Lundi après-midi, Emmanuel Macron avait déjà assuré au président de la CGPME, Jean-François Roubaud, qu'un dirigeant de très petite entreprise ou de PME ferait partie de la mission parlementaire.
"On aura au moins quelqu'un de chez nous pour pouvoir dire : 'attendez c'est impossible' s'est félicité Jean-François Roubaud à la sortie de son entretien avec le ministre de l'Economie.

 

Une information que nous confirme Patrick Liébus, vice-président de l'UPA à l'issue d'une rencontre ce mardi 2 décembre, successivement au Sénat, à l'Assemblée nationale et enfin l'Elysée: "Un groupe de travail composé de représentants patronaux de PME et aussi de TPE se réunira bien dans les prochains jours." "Je ne sais pas si la pénibilité sera supprimée mais elle doit être réformée, sur les bases d'un système plus simple, et arrêtons de stigmatiser la pénibilité dans le bâtiment", a-t-il rappelé aux porte-parole de l'Exécutif et du Gouvernement.

"Arrêtons les postures"

Par ailleurs, ce mardi, sur la radio Europe 1, le ministre du Travail François Rebsamen a tenu à répondre aux organisations patronales et à dénoncer "les postures". Pour le ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social, le compte pénibilité a déjà été assoupli, quant au temps partiel minimum, il s'agit d'une mesure que le patronat lui-même a signé.

 

Et François Rebsamen d'ajouter : "J'ai repoussé l'application de six facteurs de pénibilité à 2016 et à une étude qui sera présentée à ces mêmes patrons au mois de mai 2015. Donc pas d'inquiétude, je voudrais les rassurer : nous suivons le dossier en liaison étroite avec les responsables du Medef".

 

Autre préoccupation des artisans : l'emploi. "La croissance et l'emploi c'est nous", s'est exclamé, Patrick Liébus. "Nous avons créée des emplois, et nous n'en créons plus aujourd'hui", constate-t-il avant de dresser la liste des mesures qui plombent l'activité des artisans et petits commerçants.

 

En complément de la suppression du compte pénibilité, l'UPA demande le "remplacement du CICE par une baisse généralisée des charges sociales". "Nous ne comprenons pas ces mécanismes. Si, plutôt que le CICE, on avait eu la baisse des cotisations familiales, nous aurions eu un effet immédiat sur le pouvoir d'achat de nos salariés", regrette Patrick Liébus.

 

Travail illégal : des opérations coup de poing menées simultanément ces jours-ci
"Le dossier du travail dissimulé et travailleur détaché devient interministériel", nous confirme, mardi 2 décembre, Patrick Liébus, président de la Capeb. Et pour la première fois les trois ministères - L'Economie et les Finances, l'Intérieur et le Travail - vont "simultanément" réaliser des opérations coup de poing sur les chantiers contre la lutte contre le travail dissimulé. L'autre objectif : réguler les problèmes rencontrés avec les travailleurs détachés.

 

Pour cela, 175 agents "qui deviendront des spécialistes du démantèlement de la fraude", avait précisé, fin octobre 2014, François Rebsamen, ministre du Travail, viendront épauler leurs collègues, notamment sur ces chantiers complexes où sévit généralement le travail illégal. Et à cet effet, des unités régionales de lutte contre le travail illégal (URACTI) seront ainsi créées. Elles devraient également bénéficier du soutien des agents des douanes, qui pourraient être mobilisés pour l'occasion, et pourraient intervenir le week-end, le soir et la nuit.

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