SOUTIEN. Jean Castex a annoncé de nouvelles mesures en faveur de l'emploi des jeunes et des salariés à l'issue de la 3e conférence sociale qui s'est tenue ce 15 mars à Matignon. L'exécutif et les partenaires sociaux ont aussi commencé à plancher sur la sortie de crise.

L'évolution de l'épidémie de coronavirus en France ne doit pas empêcher l'exécutif de garder un oeil sur le calendrier économique du pays : c'est en partant de ce principe que Jean Castex a rencontré les partenaires sociaux à Matignon ce 15 mars 2021 pour parler mesures de soutien mais aussi sortie de crise. Car si le Covid peut encore réserver quelques mauvaises surprises sur le plan sanitaire, le pays sort fatigué d'un an de difficultés économiques engendrées par les restrictions sanitaires, et le Gouvernement veut donner de la visibilité aux entreprises comme aux salariés.

 

À l'issue de cette rencontre, le Premier ministre s'est félicité des bons résultats du "dialogue social", citant les accords interprofessionnels sur le télétravail et la santé au travail, deux sujets évidemment remis sur la table par la crise du Covid. Le locataire de Matignon a également souligné que 10.800 accords d'Activité partielle de longue durée (ou APLD), "couvrant désormais 600.000 salariés", ont été jusqu'ici signés.

 

Ne pas casser la très bonne dynamique de l'apprentissage

 

Comme c'était attendu, Jean Castex a en outre annoncé de nouveaux dispositifs d'aide. En faveur de l'emploi des jeunes tout d'abord, même si en l'occurrence il s'agit d'une prolongation des mesures existantes : pour préserver la dynamique très favorable des 500.000 contrats d'apprentissage signés en 2020 - "un record historique" d'après Élisabeth Borne, la ministre du Travail -, l'État reconduit donc la prime exceptionnelle d'embauche pour un apprenti "jusqu'à la fin de l'année". Celle-ci est ouverte à toutes les entreprises, quels que soient leur taille, leur secteur d'activité ou le niveau d'études des apprentis recrutés. Pour rappel, elle s'élève à 5.000 euros pour l'embauche d'un élève mineur, et à 8.000 euros pour celle d'un élève majeur. Sur le plan des finances publiques, cette mesure devrait coûter quelque 2,4 milliards d'euros supplémentaires.

 

Idem pour la prime à l'embauche des jeunes qui est aussi prorogée mais jusqu'au 31 mai seulement, et avec un aménagement : à partir du mois d'avril, elle sera recentrée "sur les salaires inférieurs à 1,6 Smic, dans une logique de sortie progressive des aides". Son montant s'élève à 4.000 euros maximum pour le recrutement d'un jeune de moins de 26 ans en CDI ou en CDD d'au moins trois mois.

 

"Une méthode et un calendrier" proposés pour la sortie de crise

 

Autre décision du Gouvernement : la mise en place d'une nouvelle version de la fameuse "prime Macron", qui consiste à autoriser les entreprises à verser en 2021 "une prime défiscalisée et exonérée de cotisations sociales de 1.000 euros". Si la communication gouvernementale a présenté les "travailleurs de la deuxième ligne" (en référence aux métiers "essentiels" mis en avant durant le premier confinement) comme principaux bénéficiaires de cette mesure, celle-ci sera en réalité "ouverte à tous les salariés". Jean Castex en a détaillé les modalités : "Il sera possible d'en augmenter le montant jusqu'à 2.000 euros dans les entreprises et les branches professionnelles, soit qui auront conclu un accord d'intéressement d'ici la fin de l'année, soit auront ouvert une négociation sur la valorisation des métiers concernés". Avant d'indiquer qu'il souhaitait que "le maximum de branches s'engage dans cette démarche, notamment celles qui ne se sont pas emparées de ce sujet l'année dernière".

 

Dernier sujet de discussion de cette 3e conférence sociale : la préparation de la sortie de crise. L'exécutif a réfléchi avec syndicats et patronat sur "la bonne manière de désarmer progressivement [les] dispositifs de soutien aux entreprises et aux salariés, au fur et à mesure du retour à la normale et en prenant en compte la situation particulière des différents secteurs économiques", a assuré le Premier ministre. De manière plus vague, ont également été abordées "des questions de moyen terme" traduisant les évolutions sociétales que la crise du Covid a déclenché, en termes de "comportements des consommateurs, de conditions de production ou encore d'aspirations des salariés", sans plus de détails. Quoi qu'il en soit, "une méthode et un calendrier" ont été proposés dans le cadre de la concertation avec les partenaires sociaux.

 

Les partenaires sociaux plaident pour "un échéancier de retour progressif à la normale"

 

Parmi ceux-ci, l'Union des entreprises de proximité (U2P) a salué la reconduction des aides à l'embauche des jeunes, présentées comme "un indispensable investissement". L'organisation patronale se dit par ailleurs prête à travailler "sur les modalités d'accompagnement des entreprises dans la phase de rebond" de l'économie, en estimant toutefois que l'exécutif devra "éviter d'arrêter brutalement les aides" et plutôt opter pour "un échéancier de retour progressif à la normale", de manière à garantir un minimum de visibilité aux entreprises.

 

De son côté, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a demandé au Gouvernement que la baisse des aides Covid soit "progressive et inversement proportionnelle à la reprise réelle de l'activité". Cela en parallèle de "mesures structurelles" pour "inciter les Français à réinjecter dans l'économie l'épargne accumulée depuis un an" et "accompagner l'investissement des entreprises". Sur les mesures annoncées par le Premier ministre, la CPME accueille favorablement la prolongation des aides à l'embauche des jeunes, réclamant néanmoins que celle pour les jeunes de moins de 26 ans soit maintenue jusqu'à la fin de l'année. Le retour de la "prime Macron" est également salué, avec une nuance pourtant très importante : "Il convient de préciser que beaucoup d'entreprises fragiles économiquement ne seront pas en capacité de distribuer cette prime qui, rappelons-le, ne sera en rien obligatoire", prévient la confédération.

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