INFRASTRUCTURES. Ce 13 septembre 2019, le titre du concessionnaire autoroutier Atlantia, gestionnaire du viaduc Morandi qui s'est effondré à Gênes (Italie), dévisse de plus de 7% à la Bourse de Milan. La raison : des perquisitions menées chez des employés de l'entreprise, dans le cadre d'une nouvelle enquête pour "fausses attestations".

Mauvaise nouvelle pour le concessionnaire autoroutier Atlantia, gestionnaire du viaduc Morandi qui s'est effondré à Gênes en août 2018 : ce 13 septembre 2019, le titre du groupe italien, majoritairement contrôlé par la famille Benetton, accusait une perte de 7,42% à la Bourse de Milan. La raison ? Des perquisitions menées chez des employés de l'entreprise, dans le cadre d'une nouvelle enquête de la police financière de Gênes pour "fausses attestations". En effet, Atlantia est le principal actionnaire de la société Autostrade per l'Italia (Aspi), gestionnaire du pont qui s'est effondré l'année dernière, entraînant la mort de 43 personnes. Le groupe possède également la majorité des parts de l'entreprise d'ingénierie Spea. Dans un communiqué cité par l'AFP, la police financière de Gênes indique avoir procédé à des perquisitions et des mises sous séquestre le 6 septembre dernier. La nouvelle enquête pour "fausses attestations" s'intéresserait à des occultations d'informations, concernant des contrôles techniques de ponts autoroutiers effectués avant mais aussi après le drame de Morandi.

 

Les policiers de la section financière ont par ailleurs précisé que neuf mesures conservatoires avaient été prononcées à l'encontre de dirigeants et de techniciens des sociétés Aspi et Spea : trois employés sont assignés à résidence, tandis que six autres ont reçu une interdiction provisoire de travailler pour les services publics. L'enquête aurait mis en lumière de "graves indices de culpabilité" dans la rédaction de rapports, avec "falsification et/ou omission" d'informations, dans l'optique de "cacher aux inspecteurs du ministère des Infrastructures et des Transports des éléments sur la condition des ouvrages et leur état de conservation", ajoute le communiqué de la police.

 

Un nouveau modèle de gestion des concessions autoroutières mis en place par le gouvernement italien depuis le drame

 

Le 14 août dernier, soit un an jour pour jour après l'effondrement du viaduc Morandi à Gênes, la ministre italienne des Infrastructures et des Transports, Paola De Micheli, a posté un message sur son profil Facebook, repris sur le site Internet de son ministère, à l'occasion d'une cérémonie officielle d'hommage sur les lieux du drame. Membre du gouvernement de Giuseppe Conte, Paola De Micheli a notamment dénoncé "ceux qui l'ont fait s'effondrer (le pont) par cupidité", ajoutant : "C'est pourquoi j'ai changé le modèle de gestion des concessions autoroutières. Et maintenant, ils doivent faire la maintenance. Nous l'avons fait en un an. Nous l'avons fait pour Gênes et pour l'ensemble de l'Italie. Et nous continuerons à le faire."

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