Présent lors de la visite presse, le fils de Jean Tschumi, Bernard, également architecte, souligne que c'est une exposition "remarquable". "[Jean Tschumi, ndlr] est étrangement mort le jour de mes 18 ans. Il est fils de menuisier-ébéniste", précise-t-il. "Jeune homme, il arrive en 1918 à Paris, à 16 ans, et s'inscrit à l'école des beaux-arts. Il découvre un talent qui, très vite, lui permet d'être en contact avec les plus grands architectes. Immédiatement, il développe une sensibilité très différente de la sensibilité moderniste des années 1930."

 

Tschumi passe également par l'Institut d'urbanisme de l'université de Paris, de 1931 à 1933, puis travaille pour l'ensemblier Ruhlmann et le ferronnier Edgar Brandt, avant d'embrasser sa carrière de décorateur. On lui commande par la suite des projets architecturaux, notamment de grands bâtiments modernes et fonctionnels qui coloreront sa carrière. Il réussit à réunir sur des mêmes projets les notions d'architecture, de ville, de paysage, de mobilier, d'art, de couleurs et de lumières. "Les architectes sont souvent très marqués par les commandes qu'ils obtiennent", affirme Bernard Tschumi. "Tschumi était un architecte 'corporate' [c'est-à-dire particulièrement actif en bureaux/tertiaire, NDLR] parce qu'il le faisait très bien. Mais ce qu'il faisait, c'était de l'architecture avant tout."

 

Plus tard, il devient professeur à l'École polytechnique de l'Université de Lausanne et partage sa vie entre Paris et Lausanne où se situent ses deux agences.

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