CONJONCTURE. La FNTP a publié, le 9 septembre, le bilan de l'activité des travaux publics pour le mois de juin 2020. Après une nette reprise en mai, sous l'effet du déconfinement, la situation montre des signes d'inquiétudes pour les mois à venir.

La légère éclaircie connue au mois de mai aura été de courte durée. Alors que l'activité des travaux publics s'était nettement améliorée, à la faveur du déconfinement et surtout après avoir subi un choc historique, la reprise s'est faite sur un rythme plus lent au mois de juin 2020. C'est en tout cas ce que met en évidence le dernier bulletin de conjoncture de la FNTP, rendu public le 9 septembre.

 

L'activité progresse malgré tout sur un mois, de 8,4% (c'était près de 87% en plus au mois de mai, par rapport à avril). Mais le niveau reste encore inférieur à ce qui était réalisé un an auparavant (-8,4% également vs juin 2019). Sur l'ensemble du 2e trimestre, le recul est de près de 27%, et de 16,4% en cumul sur le premier semestre.

 

Inquiétudes sur les prises de commandes


Après avoir réussi à stabiliser les prises de commandes en mai, par rapport à l'année passée, le mois de juin affiche d'autres couleurs. Les marchés conclus ont ainsi baissé de près de 25% sur un mois, et près de 22% sur un an. La chute est à peu près similaire sur l'ensemble du deuxième trimestre.

 

Pour la FNTP, pas de mystère : "Alors que le volume d'appels d'offres publics demeure toujours très en retrait en juin, le rebond de la commande publique doit désormais se concrétiser au plus vite pour l'ensemble des donneurs d'ordre". C'est particulièrement vrai pour les collectivités locales.

 

Stabilité de l'emploi

 

Malgré un "contexte dégradé", les effectifs ouvriers permanents sont stables en juin (+0,6% sur un an) et en légère croissance sur le premier semestre (+1,5%). Quant à l'intérim, "qui avait fortement pâti du confinement", il poursuit un redressement que la FNTP estime « en trompe-l'œil ». Ainsi, les heures intérimaires gagnent 43% en juin sur un mois, mais restent inférieures à leur niveau d'avant crise.

 

La FNTP conclut en soulignant une fois de plus une chute des prises de commandes "de mauvais augure pour l'activité future". Pour elle, le redémarrage de la commande publique "devient urgent", et elle espère que le plan France relance, présenté le 3 septembre par le Gouvernement, se traduise "rapidement en actes et en commande pour le secteur".

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