INFRASTRUCTURES. A la suite de la présentation générale du plan de relance, le 3 septembre, le ministère a communiqué sur les priorités que serviront les 11,5Mds€ du volet dédié aux transports.

Le 3 septembre, le Gouvernement a présenté le plan France relance et les grandes orientations que serviront les 100Mds€ affectés d'ici à 2022. De cette présentation générale, le secteur des travaux publics s'est montré pour le moment relativement satisfait, saluant l'effort, mais attendant de voir si l'exécution de ce plan sera effectivement rapide, et surtout d'en savoir davantage sur la répartition des enveloppes.

 

Une première réponse à cette dernière attente a été livrée par le ministère des Transports. Dans un communiqué diffusé dans la soirée du 3 septembre, les équipes de Jean-Baptiste Djebbari ont en effet détaillé les priorités données au secteur.

 

"Un investissement massif"

 

Avant tout, le ministère tient à faire remarquer que plus de 10% des crédits de France relance sont destinés aux Transports. Ce sont 11,5Mds€ qui seront ainsi mobilisés, pour "permettre de renforcer l'intermodalité, de poursuivre le désenclavement de nos territoires et d'engager une véritable transformation technologique".

 

Le ministre Jean-Baptiste Djebbari se veut d'ailleurs optimiste : "Notre objectif est simple : permettre aux Français de continuer à mieux se déplacer tout en contribuant à la diminution de l'empreinte carbone et environnementale des transports. Le Gouvernement témoigne ainsi d'un investissement massif créateur de dizaine de milliers d'emplois, selon une trajectoire en cohérence avec celle préconisée également par la Convention citoyenne".

 

Six priorités ont ainsi été définies. La première, déjà exposée par le Premier ministre et la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, est donnée au ferroviaire, qui se voit attribuer une enveloppe de 4,7Mds€. Le ministère des Transports indique que cette somme viendra, pour la SNCF, "en soutien aux pertes liées à la crise sanitaire". Il tente de rassurer aussi en affirmant qu'elle doit "permettre la poursuite des investissements sur le réseau ferré, pour la régénération des voies, le fret ferroviaire, la sécurisation des passages à niveau, l'accessibilité des gares, la remise en service de deux lignes de trains de nuit, la généralisation des plans régionaux de sauvetage des petites lignes ferroviaires".

 

700M€ pour les transports franciliens


Concernant la mobilité du quotidien, 1,2Md€ y sera consacré, comme l'a expliqué le Premier ministre. Le ministère des Transports apporte un complément, qui intéressera les acteurs des infrastructures. Ainsi sur cette somme, 700M€ serviront aux transports en commun en Ile-de-France, dont les projets Eole, les extensions de lignes de métro, les tramways, ou encore la modernisation des RER.

 

Les transports en commun en région bénéficieront, de leur côté, de 330M€. Une somme qui vient en complément des financements des collectivités locales, un effet de levier étant ainsi attendu. Projets de métros, de tramways, de bus à haut niveau de service, ou encore de RER métropolitains pourront être ainsi cofinancés. Enfin, 200M€ seront consacrés au vélo, et notamment à la création de nouvelles pistes cyclables (un objectif de 600 de ces nouvelles voies est évoqué).

 

Accélération des CPER


Parmi les priorités qui intéressent directement les travaux publics, il y a aussi le désenclavement des territoires, par la transformation des infrastructures routières, qui bénéficiera au total de 500M€. Les contrats de plan Etat-régions, dont l'exécution est (très) en retard en matière d'infrastructure, doivent être accélérés, estime le ministère des Transports. Pour cela, 250M€ seront mis sur la table.

 

Par ailleurs, 100M€ seront dédiés à la fois à l'installation de voies réservées sur le réseau routier national, et à l'entretien des ouvrages d'art de l'Etat et des collectivités locales. On est loin encore du plan Marshall réclamé par le Sénat à l'issue des travaux menés sur le sujet, et dont les conclusions ont été rendues il y a un peu plus d'un an, mais ce premier effort devrait être le bienvenu.

 

Lyon-Turin et fluvial

 

Le ministère des Transports évoque également une enveloppe de 100M€ pour la mise en place d'un réseau de 100.000 bornes de recharge rapide pour les véhicules électriques. Le déploiement est voulu pour la fin 2021. Et sans donner de chiffres précis, les travaux du Lyon-Turin font également partie des priorités.

 

Enfin, côté maritime et fluvial, 400M€ sont prévus dans le plan de relance. Dont 175M€ pour la rénovation des canaux et voies navigables, et 200M€ pour des investissements stratégiques des grands ports et leur verdissement. Ces premiers éléments de réponses permettront aux travaux publics d'y voir un peu plus clair.

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