INTERNATIONAL. L'enquête préliminaire qui visait Vinci pour "travail forcé" et "réduction en servitude" sur les chantiers des stades du Mondial 2022 au Qatar, a été classée sans suite par le parquet de Nanterre. Le groupe de BTP français précise respecter le droit local et les droits fondamentaux.

Est-ce la fin de l'affaire Sherpa contre Vinci par rapport au sort des ouvriers immigrés au Qatar ? Le parquet de Nanterre a classé sans suite la plainte de l'ONG qui dénonçait le traitement inhumain dont aurait fait l'objet les milliers de travailleurs sur les chantiers des stades du Mondial 2022. En mars 2015, l'association qui assure avoir constaté sur place des confiscations de passeports et la profération de menaces à l'encontre de certains personnels migrants - principalement des Indiens, Népalais et Sri-Lankais - avait déposé une plainte pour "travail forcé", "réduction en servitude" et "recel" contre Vinci Construction Grands Projets et sa filiale locale, Qatari Diar Vinci Construction.

 

Des progrès réalisés dans les conditions de travail

 

Face à ces accusations, le groupe français avait contre-attaqué en déposant à son tour une plainte pour diffamation et entamé une procédure pour atteinte à la présomption d'innocence. Mais il avait été débouté en février 2016. Depuis, le parquet a mené l'enquête : plusieurs experts et observateurs ont eu accès aux chantiers pour "constater que les collaborateurs de la filiale Qatari Diar Vinci Construction bénéficient d'un libre accès à leur passeport et [que] les temps de travail et de repos sont strictement observés". En novembre 2017, Vinci et QDVC avaient signé un accord garantissant un minimum de droits aux travailleurs étrangers dans les secteurs du BTP émirati. Cette filiale emploie 3.300 salariés de 65 nationalités différentes, dont 2.000 ouvriers, sur différents chantiers d'infrastructures.

 

L'Organisation Internationale du Travail (OIT) avait également suspendu la plainte des ONG contre le Qatar au mois de novembre dernier. Elle avait même salué "la décision du Qatar de coopérer de manière substantielle avec l'organisation pour la promotion et la protection des droits des travailleurs". De son côté, le groupe Vinci s'est félicité de la décision du parquet de Nanterre et a rappelé qu'il "s'attache non seulement à respecter le droit local du travail et les droits fondamentaux, mais aussi à faire progresser en permanence les conditions de travail et de vie de ses salariés, au Qatar comme partout ailleurs dans le monde". Contactée par l'AFP, l'association Sherpa n'a pas encore réagi.

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