Le groupe de BTP Vinci, accusé de travail forcé sur les chantiers au Qatar, par l'association Sherpa, signale que ses équipes élaborent des "standards" internes en matière de droits de l'homme ainsi qu'une "étude d'impact" pour s'assurer des bonnes pratiques de sa filiale internationale QDVC.

Alors que Vinci Construction Grands Projets est visé par une plainte de l'association Sherpa, en mars 2015, pour "travail forcé" et "réduction en servitude" dans le cadre des chantiers liés à l'organisation du Mondial 2022 de football, au Qatar, le groupe de BTP Vinci élabore à l'heure actuelle des "standards" internes en matière de droits de l'homme ainsi qu'une "étude d'impact".

 

"S'assurer de l'effectivité des mesures mises en place par QDVC"

 

Cette étude a justement été confiée au réseau international d'entreprises dédié au développement durable, BSR (Business for Social Responsibility, 250 membres revendiqués), selon le rapport annuel du groupe, diffusé mardi 19 avril, à l'occasion de l'assemblée générale annuelle de ses actionnaires. Objectif : "S'assurer de l'effectivité des mesures mises en place par QDVC", la filiale de Vinci au Qatar. En détails, QDVC emploie en direct 3.300 salariés de 65 nationalités au Qatar, dont 2.000 ouvriers, surtout des Indiens, des Népalais et des Sri-Lankais. Les contrats qu'elle exécute représentent un montant global de 2,2 milliards d'euros, qui vont jusqu'en 2019.

 

D'ailleurs, le groupe de BTP entend poursuivre ses actions engagées en 2011 sur "les conditions de vie et de travail des travailleurs migrants au Qatar", en organisant des "missions". Celles-ci ont réuni des représentants syndicaux, deux administrateurs salariés, le secrétaire général du comité de groupe européen et des représentants du monde associatif, note le groupe, sans plus de précisions.

 

Un feuilleton juridique

 

Pour rappel, le parquet de Nanterre avait ouvert une enquête préliminaire, après la plainte de Sherpa contre Vinci et sa filiale qatarie QDVC, déposée fin mars 2015. Plusieurs auditions seront menées en France, avait expliqué la procureure des Hauts-de-Seine, Catherine Denis, en avril 2015, dans l'optique de "vérifier les allégations" de l'association Sherpa, qui accuse notamment Vinci Construction Grands Projets (VCGP) de recourir au travail forcé de travailleurs migrants sur ses chantiers au Qatar. Les sites visés concernent notamment le projet de tramway de Lusail, du métro de Doha et celui du tronçon d'autoroute de 47 km, la New orbital Highway.

 

Organisant sa riposte judiciaire, Vinci a d'abord poursuivi l'ONG anticorruption pour atteinte à la présomption d'innocence, mais il a été débouté de son action en référé.
Et puis, la 17ème chambre civile du TGI de Paris a déclaré irrecevable la semaine dernière la procédure sur le fond, engagée par le groupe de BTP. Ce dernier a été condamné à verser à Sherpa 3.000 euros pour ses frais de justice.

 


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