Ce (faux) sémaphore qui saluait les voyageurs bretons arrivant à la gare Montparnasse ne sera bientôt plus. L'étonnant phare de la rue Castagnary (15e arrondissement parisien), avait été construit en 2001 pour marquer les 25 ans d'une poissonnerie réputée, aujourd'hui fermée. Le terrain sera utilisé pour construire une résidence d'étudiants et travailleurs migrants.

Le phare de la rue Castagnary n'était pas un monument historique et n'assurait pas de mission d'aide à la navigation maritime. Et pour cause : ce petit sémaphore d'une vingtaine de mètres de haut était implanté… le long des voies SCNF de la gare Montparnasse, en plein 15e arrondissement de Paris. Loin des côtes, donc.

 

Edifié en 2001, pour marquer les 25 ans de la poissonnerie, dite de "la Criée du Phare", il surprenait les automobilistes qui empruntaient cette rue parisienne. Remarquable évocation de ses cousins bretons, il disposait de toutes les caractéristiques des phares du 20e siècle : une haute silhouette blanche, ponctuée de fenêtres et couronnée par une plateforme et un lanternon rouge vif. Ne manquait qu'un puissant projecteur pour parfaire l'illusion. D'autant qu'à sa base, une étonnante petite barque de pêche et un mannequin de marin complétaient la mise en scène légèrement kitsch. Mais la poissonnerie a fermé en 2012 et le singulier bâtiment est resté à l'abandon.

 

Démolition malgré l'opposition de riverains

 

Phare de Paris
Phare de Paris © Mbzt - Wikimedia CC

 

Le quotidien Le Parisien révèle que sa démolition a débuté, avec le démontage de son symbolique drapeau breton qui flottait à 23 mètres de haut. Si un projet de ferme maraîchère avait été un temps envisagé (avec jardins partagés, culture hors sol et marché couvert dans une halle), sur les 150 mètres de talus longeant les voies ferrées, c'est finalement une résidence sociale qui le remplacera. Suite au désamiantage du site et à la démolition de l'ensemble, commencera la construction de 251 studios, gérés par Paris Habitat, pour des étudiants, de jeunes travailleurs et des migrants. Une option qui n'a pas convaincu Olivier Rigaud, conseiller délégué chargé de l'habitat et du patrimoine à la mairie du 15e arrondissement, qui s'épanche dans les colonnes du Parisien : "Le choix du lieu est en soi incompréhensible, dans ce quartier déjà largement doté de logements sociaux, à hauteur d'environ 40 %". Une pétition avait rassemblé 800 signatures pour sauvegarder cet îlot breton perdu dans la jungle urbaine de Paris. En vain. Il restera toujours le projecteur de la tour Eiffel pour se guider dans la nuit...

 

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