MAQUETTE NUMÉRIQUE. Le CSTB vient d'inaugurer ce 19 septembre 2017 une salle de simulation virtuelle interactive permettant à l'ensemble des acteurs de la construction de travailler en collaboration sur un projet de sa conception à sa réalisation. Précisions.

La révolution du Bim est en marche. Il faut désormais accompagner les acteurs de la construction dans cette démarche. Telle est l'ambition du CSTB à travers la création d'une nouvelle salle de simulation virtuelle interactive, inaugurée ce 19 septembre 2017. Baptisée Oscar Niemeyer, en référence à l'architecte brésilien, cette nouvelle salle permet de promouvoir le travail collaboratif et "de faire en sorte que l'information soit utilisée et mise en commun par l'ensemble des acteurs pendant des différentes phases d'un projet, qu'il soit à l'échelle urbaine ou à l'échelle d'un bâtiment", a expliqué en introduction Souheil Soubra, directeur de la direction technologie de l'information du CSTB.

 

De nombreuses fonctionnalités

 

Ce nouvel espace créé au sein des locaux parisiens du CSTB est équipé de nombreuses fonctionnalités à commencer par un grand écran tactile de 5 mètres par 2 d'une résolution de 4K qui "permet d'avoir des modèles à l'échelle 1", a-t-il présenté Souheil Soubra ajoutant que ce dernier "dispose également d'un cadre interactif tactile qui permet d'interagir avec le modélisme à l'écran". Autre fonctionnalités : la présentation immersive grâce à des lunettes dédiées et la possibilité pour les utilisateurs de pouvoir partager leurs données et les modifier instantanément. La salle est également équipée d'un système de visioconférence. En plus de voir l'interlocuteur à distance directement sur l'écran, ce dernier peut également échanger ses informations en les projetant directement sur l'écran. Grâce à la fonction picture and picture, l'écran peut en effet faire apparaître plusieurs fenêtres en même temps. La salle est aussi dotée d'un système de projection et de sonorisation qui permet une immersion virtuelle et acoustique dans les projets

 

Une palette de simulations possibles

 

L'étendue des possibilités offertes par ce nouvel outil sont nombreuses tient à souligner le CSTB. Pour le démontrer, Julien Soula, chef de la division technologie de l'information, a présenté plusieurs projets sur lesquels le CSTB a travaillé pour concevoir cette salle. Le premier porte sur le quartier de la Défense qui a été entièrement modélisé en bim global. Julien Soula montre ainsi la possibilité de modifier un scénario et de le réinjecter dans la maquette globale. Il poursuit sa présentation avec une simulation aérolique permettant de voir les écoulements d'air, les turbulences et donc la pression au niveau des bâtiments de ce quartier d'affaires.

 

Le deuxième exemple concerne le nouveau quartier EcoCity 2, porté par l'Epamarne, où une étude des besoins en eau et énergie a été menée pour identifier les besoins en froid et chaud. Apparaît alors à l'écran un spécialiste basé à Nice. Ce dernier a projeté sur l'écran les résultats de son étude énergétique qui sont alors ajouté à la maquette numérique du projet. Autre simulation menée sur ce projet : celle de l'impact des vibrations du RER A, traversant le projet.

 

Le dernier exemple concernait un nouveau quartier à Chateloup en Brie pour la réalisation de trois bâtiments. Pour ce projet, ses acteurs ont modélisé un maximum de règles d'urbanisme pour vérifier la présence de canalisation de gaz par exemple afin que les immeubles ne soient pas construits dans leur périmètre. Nous avons alors mis des lunettes 3D pour s'immerger dans le futur quartier. Les équipes du CSTB précisent également qu'il est possible de simuler l'immersion sonore pour travailler en avant-projet et convaincre les différents acteurs.

 

Une "révolution" pour les aménageurs

 

Les aménageurs présents pour cette inauguration n'ont pas tari d'éloge le CSTB. L'un d'entre eux parle même de "révolution complète du métier d'aménageur". Cet outil leur apporte de la sécurité, d'aller plus vite en associant les différentes parties et ainsi les fédérer autour du projet. "On peut immédiatement intégrer les remarques et vérifier les possibilités. Ca va changer la nature des associations", poursuit-il.

 

En effet, comme évoqué précédemment, cette salle présente l'avantage de pouvoir être utilisée à toutes les étapes du projet : de la phase concours pour une présentation immersive du projet, en passant par la phase de concertation pour faciliter les échanges au stade de pré-projet "pour simuler les performances du bâtiment", donne en exemple le CSTB, jusqu'à la phase de réalisation "pour mieux coordonner et suivre la mise en oeuvre du projet". Enfin, la salle Oscar Niemeyer peut aussi servir en phase de promotion et de communication ou de formation afin d' "aider à mieux collaborer autour d'un projet et gagner en efficacité et en cohérence".

 

"Mieux collaborer autour des projets et gagner en cohérence et en productivité constitue un objectif que nous partageons avec nos partenaires dans le domaine du numérique et avec l'ensemble des acteurs", a conclu Etienne Crepon, le président du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment.

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