CRI D'ALARME. Suite à la démission du maire de Sevran, lassé du manque de moyens pour les banlieues, des élus de Seine-Saint-Denis ont adressé un courrier au président de la République. Ils alertent le chef de l'Etat sur les difficultés des bailleurs à boucler le financement du nouveau programme de l'ANRU.

Les élus des banlieues, et notamment ceux de Seine-Saint-Denis, n'en peuvent plus. Signe de cet lassitude : le maire de Sevran, Stéphane Gatignon, maire de Sevran a jeté l'éponge après plus de 17 ans de mandat. En cause ? Le "mépris de l'État pour les banlieues". "Je suis usé par la fonction et par les blocages qui viennent d'en haut", a-t-il déclaré à l'AFP. "Cela fait 17 ans que je suis maire. Il faut de la niaque, se battre. J'avais dit que quand je n'aurais plus de jus, j'arrêterais. Voilà, c'est le moment". Sa démission intervient à quelques semaines de la publication d'un très attendu "rapport Borloo" pour les quartiers, commandé à l'ancien ministre de la Ville par le gouvernement, et que le maire de Sevran a qualifié de "plan de la dernière chance".

 


Mais il n'est pas le seul à s'inquiéter de ce manque de moyens. Des élus de Seine-Saint-Denis tirent la sonnette d'alarme sur les "difficultés" de la rénovation urbaine, qui est selon eux, "en danger" dans leur département. Dans une lettre ouverte adressée au chef de l'Etat ils estiment que "pour sauver la rénovation urbaine, la Seine-Saint-Denis a besoin d'un soutien financier hors normes. A territoire exceptionnel, règles exceptionnelles", écrivent-ils à Emmanuel Macron.

 

Les élus rappellent que la rénovation urbaine a été chiffrée à "3 milliards d'euros" pour leur département, mais déplorent que les bailleurs rencontrent des "difficultés à boucler le financement". Ils mettent en cause "la loi de finances 2018" et "la dégradation des financements de l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU)". "L'instauration d'une Réduction de Loyer de Solidarité a siphonné leurs ressources. La majorité d'entre eux ont déjà pris des mesures d'économie sur l'entretien des immeubles et "revoient à la baisse" leur programme de travaux, ajoutent-ils. "M. le Président, vous devez avoir conscience qu'il faut recrédibiliser la parole publique, la vôtre mais aussi celle des élus locaux, qui portent les projets de rénovation urbaine", ajoutent enfin les élus.

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