E+C-. Face aux évolutions annoncées de la future Réglementation environnementale, à la lumière de l'expérimentation "Energie + Carbone -", l'Union de la Maçonnerie et du Gros-Œuvre (UMGO) de la Fédération Française du Bâtiment souhaite exprimer son sentiment. Anne-Marie Vial et Julien Serri, respectivement présidente de la commission Technique & Environnementale et directeur technique adjoint, nous répondent.

Décorrélation des indicateurs énergie et carbone créés pour l'expérimentation E+C-, allongement de la durée de vie normale du gros œuvre, utilisation du configurateur FDES… Les deux représentants de l'Union de la Maçonnerie et du Gros-Œuvre (UMGO), Julien Serri (directeur technique adjoint) et Anne-Marie Vial (présidente de la commission Technique & Environnement) ont souhaité aborder tous les sujets marquants sortis de l'interview d'Emmanuel Acchiardi, sous-directeur à la Direction de l'Habitat, de l'urbanisme et des paysages, publiée dans Batiactu ce 24 avril 2018.

 

Tous deux saluent d'abord le pragmatisme des pouvoirs publics sur les travaux menés dans le cadre de la définition de la future réglementation environnementale 2020 pour succéder à l'actuelle RT2012. Sur l'expérimentation E+C- en cours, chargée d'évaluer les indicateurs choisis, celle qui est également chef d'entreprise d'une PME à Toulouse, nous explique : "L'expérimentation est importante, puisqu'elle permet de faire des modifications et d'observer les avancées. Elle doit donc continuer, car il est un peu tôt pour se prononcer". Julien Serri renchérit : "Il y a eu une première étape avec la Réglementation thermique en 2012, puis là, une seconde étape avec la prise en compte de l'impact carbone. La troisième étape sera évidemment d'avoir des bâtiments ultra-performants dans tous les domaines". Mais pas question de gravir l'Everest en une seule fois. Pour les deux membres de l'UMGO, il est contre-productif de vouloir courir deux lièvres à la fois. Et la décorrélation entre carbone et énergie, semble donc être une bonne idée selon leur point de vue. Anne-Marie Vial insiste : "Il y aura une base minimale, un socle. Mais il faut laisser le choix aux maîtres d'ouvrage de définir leur priorité. Ils doivent rester maître de leurs projets". La chef d'entreprise cite les exemples d'initiatives comme Recybéton et Fastcarb qui visent à réduire l'empreinte CO2 du béton, soit en incorporant des gravats recyclés, soit en intensifiant la capture de gaz carbonique par le matériau lui-même.

 

Le gros-œuvre d'un bâtiment dure plus de 50 ans

 

Sur l'allongement de la durée de vie du gros-œuvre des bâtiments au-delà des 50 ans, là aussi, les deux membres de l'UMGO se montrent satisfaits. "Nous sommes ravis que ce pas soit franchi. Nous réclamions cette correction depuis longtemps. En effet, les matériaux de notre filière comme le béton, la brique ou la pierre, durent bien plus de 50 ans". Les fournisseurs établissent d'ailleurs des Fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) sur une durée de vie certifiée de 100 ans. Cet allongement, justifié au vu du patrimoine immobilier français, réduira proportionnellement l'impact de l'étape de construction par rapport à l'exploitation, qui représentera la grande majorité de l'empreinte carbone d'un bâtiment.

 

Pour l'analyse du cycle de vie justement, là aussi l'UMGO décerne un accessit aux pouvoirs publics. Sur le configurateur générique de fiches, Julien Serri nous précise : "Cela vient simplifier la démarche". Mais l'UMGO soutient que la démarche doit rester fidèle à la réalité des produits, comme nous le confirme Anne-Marie Vial : "Il faut que les entreprises puissent continuer à apporter leur expertise technique, et donc d'exprimer leur valeur ajoutée".

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