SANTÉ. Le ministère de la Transition écologique et solidaire a chargé le CSTB de mener une campagne de mesure des ondes dans les établissements scolaires français. Cette enquête, qui s'inscrit dans le cadre du dispositif de surveillance de l'exposition des populations aux ondes électromagnétiques, devait vérifier le respect des valeurs limites réglementaires et réaliser un état des lieux.

Depuis mai 2002, les établissements scolaires font l'objet d'une réglementation spécifique quant à l'exposition des enfants et des personnels face aux champs électromagnétiques. Les opérateurs téléphoniques et l'Agence nationale des fréquences (ANFR) doivent par exemple s'assurer que l'installation d'antennes relais ne fait pas dépasser les seuils réglementaires. Lors du Grenelle, le ministère de l'Environnement a mis en place, en 2009, un dispositif national de surveillance et de mesure d'exposition, effectif depuis le 1er janvier 2014, qui permet à toute personne physique ou morale de faire mesurer gratuitement l'exposition aux ondes, dans les locaux et lieux accessibles au public, tout comme dans les habitations. Une campagne spécifique a été lancée sur un échantillon représentatif de presque 300 écoles maternelles et primaires, qui avait déjà été constitué pour l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur. Des mesures ont été effectuées sur tout le territoire métropolitain, entre septembre 2014 et novembre 2017, selon des protocoles de l'ANFR par des laboratoires indépendants accrédités, afin de contrôler la conformité de l'exposition, de réaliser un état descriptif des niveaux et de rechercher les déterminants à partir des caractéristiques de ces bâtiments scolaires, de leur environnement et des émetteurs présents aux alentours.

 

Tenir les antennes-relais à distance

 

Et la principale conclusion est la suivante : les niveaux de radiofréquences dans les écoles françaises sont faibles et en-deçà des valeurs réglementaires. Le niveau moyen enregistré à l'intérieur des bâtiments est de 0,23 V/m, avec un pic enregistré à 0,9 V/m, là où le niveau autorisé est de 28 V/m. A l'extérieur des bâtiments, le niveau moyen est un peu plus élevé, à 0,40 V/m, tandis que le maximum observé est de 3 V/m. Dans les deux cas, les taux mesurés proviennent, en général, des bandes de la téléphonie mobile (900 MHz), correspondant aux technologies 2G/3G/4G. L'analyse détaillée des principaux contributeurs à ces radiofréquences montre une légère différence entre écoles rurales et écoles urbaines. Cette téléphonie mobile est plus présente en milieu dense alors que le WiFi et les services "hautes fréquences" sont davantage détectés en milieu rural. Il faut noter qu'à la campagne, une école sur deux ne présente pas de signal radiofréquence dans les bâtiments. En ville cette proportion descend à une école sur trois.

 

Quelles sont les caractéristiques susceptibles d'influencer les niveaux mesurés ? Le CSTB répond : "Les résultats montrent que les niveaux sont significativement corrélés à la distance de l'émetteur, le nombre d'émetteurs dans un rayon de 5 km, les services à l'origine des radiofréquences, le type d'environnement et le type de vitrages". Des observations qui semblent logiques : plus l'émetteur radioélectrique est proche, et plus leur nombre est élevé, plus les niveaux sont hauts. Au niveau du bâti, il apparaît une corrélation "modérée" avec le type de vitrage utilisé : "les niveaux sont plus faibles dans les salles de classe disposant du double vitrage". Cependant, comme cette donnée n'a pas été collectée sur l'ensemble de l'échantillon, elle n'a pas été retenue dans le modèle explicatif développé par le CSTB. De même, il n'a pas été observé de différence notable entre bâti ancien (avant 1949) et bâti plus contemporain. En conclusion, les experts soulignent que, quelle que soit la situation rencontrée, les valeurs mesurées restent très faibles et bien en-dessous des valeurs limites réglementaires. Les bambins sont donc en sécurité.

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