INFRASTRUCTURES. Matignon a annoncé en fin de semaine dernière la signature, par l'Etat, du contrat de service public confiant l'exploitation du CDG Express à Hello Paris, filiale ad hoc de Keolis (groupe SNCF) et RATP Dev.

Dommage pour les partisans d'un abandon du CDG Express. L'engagement du gouvernement à réaliser le futur train rapide qui reliera la gare de l'Est, à Paris, à l'aéroport de Roissy en 20 minutes "se poursuit", a déclaré Matignon en fin de semaine dernière, dans un communiqué. Les services du Premier ministre Edouard Philippe en veulent pour preuve la signature, par l'Etat, du contrat de service public confiant l'exploitation du CDG Express à Hello Paris, filiale ad hoc de Keolis (groupe SNCF) et RATP Dev.

 

Ce groupement avait été retenu en novembre dernier, au détriment de Transdev, propriété de la Caisse des dépôts, au terme d'une procédure de mise en concurrence engagée en 2017. "Après la conclusion du contrat de concession le 11 février 2019 permettant la réalisation des infrastructures ferroviaires et le démarrage des travaux, la signature du contrat de service public permet d'achever le montage contractuel du projet", explique Matignon.

 

Le contrat en question porte sur 21 ans, dont 15 années d'exploitation effective, en plus de la durée prévue pour assurer la mise en service du CDG Express, programmée pour la fin 2025. Un report annoncé le 29 mai par la ministre des Transports Elisabeth Borne, afin de limiter les conséquences des travaux pour les usagers du RER B. Le CDG Express devait initialement être opérationnel le 31 décembre 2023, et donc pour les jeux Olympiques de Paris-2024.

 

"Il est encore temps d'arrêter le CDG Express", veut cependant croire sur son compte Twitter Jacques Baudrier, conseiller PCF de Paris. "Le gouvernement se félicite de lancer un projet qui va pourrir la vie d'un million d'usagers quotidiens du RER B (et) de jeter 2 milliards par les fenêtres pour un projet pas rentable et nuisible", s'emporte Jacques Baudrier. Cela fait plusieurs mois que le CDG Express, qualifié par certains de "train des riches" en raison d'un prix du ticket à 24 euros, suscite l'ire d'élus franciliens.

 

A l'opposé, la RATP et Hello Paris ont salué sur Twitter la signature du contrat de service public, dans le cadre duquel Masteris, filiale de la SNCF, a signé avec Hello Paris Services le contrat de maintenance des rames Regiolis, construites par Alstom. La liaison de 32 kilomètres entre le centre de Paris et l'aéroport Charles de Gaulle "est essentielle pour la compétitivité de la capitale et pour favoriser le report des déplacements de la route vers le rail", argumente de son côté Matignon.

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