RÉHABILITATION. La mission de sauvegarde du patrimoine tricolore emmenée par l'animateur Stéphane Bern a annoncé ce 6 janvier 2021 avoir accordé 15,2 millions d'euros d'aides aux 101 "sites de maillage" qui avaient été sélectionnés en 2020. Cette enveloppe vient en complément des sommes déjà débloquées par les pouvoirs publics et de l'autofinancement.

Après le temps des annonces, voici le temps de leur concrétisation : ce 6 janvier 2021, la mission Stéphane Bern - rattachée à la Fondation du patrimoine - a annoncé l'octroi des aides destinées aux monuments et autres sites historiques en péril à travers tout le territoire hexagonal. La mission de sauvegarde du patrimoine emmenée par l'animateur féru d'Histoire a ainsi débloqué une enveloppe globale de 15,2 millions d'euros, grâce aux ressources collectées par ses soins en 2020. Ces dernières proviennent du Loto du patrimoine de la Française des jeux (FDJ, atteignant 19,8 millions d'euros au 21 décembre dernier), du mécénat de la FDJ (300.000 € par an), du parrainage de la Monnaie de Paris (778.000 € découlant de la vente des "Pièces d'Histoire"), de la collecte nationale de la Mission Bern (417.083 € de dons) et du mécénat de Christie's (une société de ventes aux enchères, à hauteur de 21.150 €).

 

Toutes ces sommes serviront à financer des chantiers de réhabilitation et de modernisation des quelque 101 "sites de maillage" sélectionnés en 2020, ce qui représente un monument ou site historique par département de métropole et par collectivité d'Outre-mer. L'enveloppe octroyée vient en complément des aides publiques ou de l'autofinancement, de manière à atteindre la totalité du besoin de financement, dans la limite toutefois de 300.000 € par site. "La Fondation du patrimoine reversera cette aide aux porteurs de projets au fur et à mesure de l'avancement des travaux, sur présentation des factures", précise également l'organisation. À l'occasion des Journées européennes du patrimoine 2020, une somme de 6,1 millions d'euros avait déjà été avancée pour 18 sites "emblématiques" retenus par la Mission Bern.

 

Quelques exemples de sites financés dans chaque région...

 

- Parmi les octrois d'aides, on peut citer le pigeonnier du manoir de Menet, dans le Cantal, qui doit faire l'objet de travaux de "sauvetage", incluant de la maçonnerie ainsi qu'un resuivi des lauzes et de la charpente. Le chantier, estimé à 51.854 €, touchera 49.000 € de la Fondation du patrimoine.

 

- En Bourgogne-Franche-Comté, la tour de Saussy, en Côte-d'Or - en réalité un château d'eau dont la pompe était actionnée par une éolienne -, bénéficiera d'une dotation de 164.000 € pour sécuriser sa terrasse, restaurer son mur Ouest et élaguer la végétation. Le coût total du chantier se chiffre à 216.218 €.

 

- Du côté du Finistère, c'est le petit séminaire de Pont-Croix qui pourra compter sur une enveloppe de 108.000 € (sur 320.322 € nécessaires) pour réaliser des travaux d'urgence : d'abord, une première tranche permettra la mise hors d'eau du bâtiment, avant que les équipes ne s'attellent à la rénovation de la charpente, de la couverture et de la zinguerie.

 

- Le château de Lys-Saint-Georges, dans l'Indre, doit en urgence accueillir des mesures d'étaiement et de consolidation : estimées à 472.800 €, elles seront déjà financées à hauteur de 211.000 € par la Mission Bern.

 

- Sur la commune d'Aleria, en Haute-Corse, c'est un amphithéâtre qui est au centre de toutes les attentions : 249.000 € sont nécessaires pour consolider les maçonneries, remonter partiellement les parties les plus arasées de la couronne intérieure, rétablir un niveau d'arène ainsi que l'anastylose (technique de reconstruction d'un monument en ruines) du vomitoire Ouest (passage destiné à la circulation des personnes), construire des gradins et un cheminement piéton, et enfin installer la signalétique - 199.000 € lui seront attribués.

 

- Dans le Grand Est, le grand pavillon de l'abbaye cistercienne des Trois-Fontaines (Marne) a besoin de 242.870 € pour effectuer une restauration de ses couvertures, opération pour laquelle une dotation de 97.000 € lui sera accordée.

 

- La région Hauts-de-France est notamment représentée au travers de l'église Notre-Dame de l'Assomption de la Neuville-les-Corbie, à Corbie (Somme) ; des opérations de restauration et de sécurisation sont prévues sur l'édifice, notamment au niveau de la maçonnerie et de la charpente du clos et du couvert. Nécessitant 705.364 €, celles-ci seront déjà financées à hauteur de 116.000 €.

 

- Les 927 mètres linéaires des murs à pêches de la commune de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, sont en attente de restauration : un chantier de formation et d'insertion est ici programmé, pour un coût d'1,17 million d'euros, sur lequel la Fondation du patrimoine décaissera 300.000 €.

 

- Pas loin de la région parisienne, la briqueterie des Chauffetières, sur la commune de l'Hôme-Chamondot (Orne), percevra 47.000 € (sur 105.522 € nécessaires) pour la réhabilitation de la charpente et de la couverture de deux bâtiments, un du XVIIIe siècle et l'autre du XIXe, ainsi que pour la reconstruction de son four.

 

- Le domaine de Senelles, à Bias, dans le Lot-et-Garonne, fera l'objet de plusieurs tranches de travaux : en premier lieu, une mise hors d'eau du corps de logis et de la grange, avant de réaliser la même opération pour l'orangerie, la chapelle et le poulailler. Une dotation de 300.000 € sera versée à ce projet qui en nécessite 2,12 millions.

 

- Des poses de couverture et de charpente, une reprise du sol et des menuiseries et l'aménagement d'un réservoir en salle d'exposition constituent les principaux travaux à conduire au moulin et à la station de pompage du Faget, en Haute-Garonne. Sur les 439.007 € nécessaires, la Mission Bern octroiera 300.000 €.

 

- Dans le Vaucluse, le rocher de la cathédrale Sainte-Marie de l'Assomption de Vaison-la-Romaine doit faire l'objet d'un chantier de confortement estimé à 516.000 €, pour lequel 203.000 € seront déjà versés.

 

- L'église Saint-Hilaire d'Asnières-sur-Vègre, dans la Sarthe, a besoin d'une enveloppe d'1,22 million d'euros pour de nombreuses opérations : assainissement, mise aux normes d'accessibilité, réfection des vitraux, restauration intérieure de la nef, du choeur, des façades et des couvertures. Une somme de 214.000 € sera débloquée pour ce projet.

 

- Des sites et monuments historiques ultramarins pourront également profiter des ressources collectées par la Mission Bern : ainsi, la maison Liensol de Basse-Terre, en Guadeloupe, touchera 81.000 € (sur 1,94 million) pour consolider sa structure et faire l'objet d'une réhabilitation globale, tandis que la maison du directeur du bagne des îles du Salut, située à Cayenne (Guyane), percevra 300.000 € (sur 1,65 million) pour un projet de restauration générale de son clos, de son couvert et de ses annexes.

 

- Sur l'île de La Réunion, l'ancien bâtiment du Crédit foncier de Madagascar, sur la commune du Port, attend un diagnostic ainsi qu'une mise en sécurité, chiffrés à 70.000 € : bonne nouvelle, le site sera en mesure de recevoir l'intégralité de la somme. En Martinique, l'habitation Céron, au Prêcheur, nécessite 354.183 € pour des travaux d'élagage, la réfection intégrale des charpentes et couvertures de la purgerie, et la fabrication d'une roue à aube - les porteurs du projet pourront compter sur une enveloppe de 300.000 €.

 

Plus de 63,63 millions d'euros sont nécessaires pour financer l'intégralité des 101 projets

 

Au bout du compte, ce sont plus de 63,63 millions d'euros qui sont nécessaires pour financer l'intégralité des 101 projets retenus par les équipes de la Mission Bern. On notera enfin que trois sites "dont le projet de restauration n'est pas encore suffisamment prêt" selon la Fondation du patrimoine n'ont pas fait l'objet de décision pour l'octroi de ces aides ; leur examen est donc reporté.

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