CONJONCTURE. L'activité des entreprises de travaux publics est restée limpide au mois de juillet 2019 : le montant de leurs facturations a augmenté de 13,8% en cumul depuis le début de l'année, et de 10,6% par rapport à la même période un an auparavant. Les sociétés continuent de plus à embaucher. Seul ombre au tableau : la menace fantôme d'une pénurie de bitume.

Pas de coup de chaud pour les entreprises de travaux publics au mois de juillet 2019. Malgré les épisodes de forte chaleur et la sécheresse qui les accompagne, celles-ci ont enregistré une hausse de leur travaux réalisés de 13,8% depuis le début de l'année, et de 10,6% par rapport au mois de juillet 2018, si l'on en croit la dernière note de conjoncture de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP). Une activité en progression qui s'avère toujours portée par les investissements des communes en vue des prochaines élections municipales de 2020, ainsi que par le dynamisme des grands opérateurs évoluant sur les chantiers du Grand Paris ou du plan Très haut débit. En revanche, le montant de marchés conclus recule de 5,7% de janvier à fin juillet, étant donné que les prises de commandes sont toujours pénalisées par un effet de base lié à l'attribution d'importants lots du Grand Paris Express au début de l'année 2018. D'après une enquête d'opinion également réalisée par la FNTP en juillet dernier, les carnets de commandes se sont stabilisés au 2e trimestre 2019 pour se situer, en moyenne nationale, à 6,6 mois de travail, toutes spécialités confondues.

 

L'emploi tient bon mais les coûts de construction explosent et l'approvisionnement en bitume inquiète

 

Grâce à une telle activité, les heures totales travaillées (englobant les ouvriers permanents et les intérimaires) ont engrangé 5,5% depuis janvier 2019, et 6,6% pour les seuls ouvriers permanents. Toujours sur la même période, les salariés en intérim ont vu leurs heures travaillées augmenter de 1,1%. Sur la base de ces chiffres positifs, les effectifs ouvriers ont augmenté de 2,1% depuis le début de l'année, et cette tendance devrait se poursuivre dans les mois qui viennent : selon le sondage de la FNTP de juillet, les difficultés de recrutement "atteignent un sommet", avec près d'un chef d'entreprise sur deux "qui se dit contraint faute de personnel". Un point sur lequel l'Union des entreprises de proximité (U2P) a tenté d'alerter les pouvoirs publics. Mais au moment où la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP) interpelle une nouvelle fois Bercy et Matignon sur la suppression programmée de l'avantage fiscal du GNR (gazole non-routier), la FNTP, elle, s'inquiète de la menace planant sur l'approvisionnement en bitume et de la hausse des coûts de la construction, impactés de plein fouet par le Grand Paris. Lors de la présentation des résultats semestriels de la mi-2019, plusieurs responsables d'Eiffage avaient notamment abordé le sujet.

 

"Le mois de juillet s'inscrit dans la continuité d'un premier semestre dynamique et la croissance de l'activité bénéficie toujours d'un contexte porteur. Toutefois, dans cette conjoncture favorable, plusieurs facteurs incitent à la vigilance : les tensions inflationnistes sur les coûts de production restent fortes tandis que des difficultés d'approvisionnement en bitume touchent l'activité routière. Si ces dernières ne sont pas réglées, la dynamique de cette spécialité pourrait être ralentie au cours des prochains mois", note la FNTP.

 

Pourtant, l'Union française des industries pétrolières (Ufip) a indiqué à Batiactu que tous les acteurs de la chaîne s'étaient réunis sous l'égide du ministère, et que la situation était en passe de s'améliorer.

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