RESTRUCTURATION. La Société d'économie mixte en charge du projet de modernisation de la Gare du Nord, à Paris, lance une nouvelle phase de concertation pour informer le public et prendre en compte les attentes des usagers. A l'horizon de 2024, l'objectif est d'adapter l'infrastructure à un trafic estimé à 800.000 voyageurs quotidiens.

Ce vendredi 1er mars 2019, la Société d'économie mixte à opération unique (Semop) en charge du projet de modernisation de la Gare du Nord, à Paris, a lancé une nouvelle phase de concertation. Celle-ci durera jusqu'au 18 avril prochain et doit permettre à l'ensemble des acteurs concernés d'être informés des futurs travaux et de faire part de leurs attentes. L'infrastructure accueille déjà aujourd'hui 700.000 voyageurs et 2.200 trains par jour, et détient de fait le titre de gare la plus fréquentée d'Europe ; un chiffre qui devrait bondir à 800.000 usagers quotidiens en 2024, et 900.000 en 2030. Pour faire face à cette évolution, la Semop a donc vu le jour, rassemblant Ceetrus (filiale d'Auchan spécialisée dans les activités immobilières) à 66%, et SNCF Gares et Connexions à 34%. Le projet de la coentreprise avait déjà été dévoilé par Batiactu à l'été 2018 : il envisage de replacer l'infrastructure au cœur de la ville et de faciliter les déplacements des usagers et des riverains.

 

Ainsi, 5 niveaux en superstructures devraient être créés au-dessus du hall des départs, et accueilleront des commerces, des activités sportives et culturelles ainsi que des espaces de travail partagé. De plus, un nouveau terminal de départs et trois passerelles le reliant aux quais vont être construits. Le terminal des Eurostar sera pour sa part agrandi, tandis que la gare routière sera transformée en "écostation" avec 1.200 places de vélo. Le bâtiment historique, datant de 1846, continuera à accueillir les arrivées, mais bénéficiera au passage d'une remise en valeur de sa façade : "La façade d'origine fera l'objet d'une recomposition, de manière à ce que les voyageurs arrivant à Paris soient accueillis par une identité patrimoniale spécifique", a déclaré Frédéric Chouzenoux, directeur de l'immobilier spécifique et des concours chez Ceetrus France, et membre de la Semop. D'un montant de 600 millions d'euros, le chantier de restructuration de la Gare du Nord se fixe pour objectif de tripler la superficie de l'infrastructure tout en séparant les flux de départs et d'arrivées, "une grande première en France".

 

Les Hauts-de-France seront aussi consultés

 

Axée autour de quatre thèmes - fonctionnement de la gare et intermodalité ; architecture ; nouveaux espaces ; conduite des travaux -, la concertation se traduit dans les faits par la mise à disposition d'un dossier de présentation du projet et l'ouverture d'un site Internet dédié (www.garedunord2024.fr). De même, une plateforme Internet est dédiée à la collecte des contributions. Enfin, des visites de la gare, des ateliers pratiques et des réunions d'information seront également organisées. Mais les échanges ne se limiteront pas aux seuls Parisiens et Franciliens : "La Gare du Nord constitue le prolongement naturel des principales gares des Hauts-de-France, dont nous intègrerons les habitants au processus de concertation", poursuit Frédéric Chouzenoux. L'ensemble du processus sera couvert par un tiers indépendant : François Desmazière, directeur de l'agence de conseil en management Ancrages territoriaux, veillera ainsi à la bonne organisation des évènements et sera chargé de la rédaction d'un rapport à l'issue des travaux.

 

Le calendrier du projet se précise

 

Le 18 avril prochain, le maître d'ouvrage annoncera officiellement les mesures qu'il jugera nécessaires de mettre en place, sur la base des avis et observations recueillis pendant la concertation. La Semop déposera par la suite sa demande de permis de construire, puis l'enquête publique prendra place en septembre. Le chantier devrait ensuite débuter durant l'hiver 2019-2020. Au bout du compte, le site modernisé de la Gare du Nord pourrait être livré entre juin 2023 et mars 2024, soit juste à temps pour les Jeux Olympiques. "Il s'agit d'un délai challengé et challengeant", admet le responsable de Ceetrus à la Semop. "Mais la Gare du Nord continuera à assurer sa mission de service public au service de l'intérêt général."

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