INNOVATIONS. Dans son classement de l'année 2020 des déposants de brevets, l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi) note un renforcement des établissements publics de recherche et la présence d'entreprises de taille intermédiaire dans le Top 50. Plusieurs acteurs de la construction et de l'énergie émaillent ce classement des structures les plus innovantes.

Comme chaque année, l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi) publie son palmarès 2020 des principaux déposants de brevets, autrement dit des structures françaises (publiques comme privées, entreprises comme universités) les plus innovantes. Le classement met notamment en exergue un renforcement des établissements publics de recherche et la présence d'entreprises de taille intermédiaire (ETI) dans le Top 50, une première.

 

Saint-Gobain en tête des acteurs de la construction

 

Mais si l'on veut trouver des acteurs de la construction ou de l'énergie, il faut toutefois écarter le Top 3 et le Top 10, et éplucher directement le Top 50 - la seule exception notable étant le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) qui occupe la 4e place avec 646 brevets déposés. Rappelons que cet organisme est notamment à la tête de l'un des plus ambitieux projets énergétiques de l'Histoire : la construction de la centrale nucléaire Iter, à Cadarache (Bouches-du-Rhône), qui ambitionne de reproduire sur Terre le procédé de fusion nucléaire observable à la surface du Soleil.

 

Le CEA mis à part, il faut donc descendre jusqu'à la 18e place pour trouver un premier acteur du BTP, et non des moindres : le groupe Saint-Gobain, entreprise fondée en 1665 par le ministre d'État de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, et spécialiste des matériaux de construction, a déposé 143 brevets en 2020. Un peu plus loin dans le classement se trouve Total, qui s'est récemment rebaptisé TotalÉnergies pour marquer son tournant vers les énergies renouvelables. Quelque 113 brevets ont été déposés par l'énergéticien l'année dernière. C'est quasiment le double d'un autre spécialiste de l'énergie, le groupe EDF : avec 67 brevets, l'électricien tricolore occupe la 28e place. Schneider Electric lui emboîte le pas à la 29e position, avec le même nombre de brevets consacrés aux solutions numériques et à l'automatisation de l'efficacité énergétique. Enfin, à la 44e place, se situe Soletanche Freyssinet, filiale de Vinci Construction spécialisées dans les sols, les structures et le nucléaire, avec 32 brevets.

 

Les projets public-privé scrutés de près

 

"Cette édition 2020 du palmarès des déposants de brevets en France - qui, compte-tenu des 18 mois de décalage entre dépôt et publication des brevets, n'inclut pas encore la période de crise sanitaire que nous traversons - est une fois encore largement dominée par les grands groupes, pour qui stratégie d'innovation et stratégie de propriété industrielle sont indissociables", analyse le directeur général de l'Inpi, Pascal Faure. Qui précise : "Pour mieux appréhender la réalité des projets collaboratifs entre acteurs publics de la recherche et entreprises, nous avons observé, pour la deuxième fois cette année, les co-dépôts de brevets entre recherche et industrie. Une bonne connaissance du lien public/privé est en effet nécessaire, car nous savons que ces projets communs sont souvent porteurs d'innovations susceptibles d'apporter des ruptures technologiques majeures, et par conséquent d'importantes retombées économiques."

 

D'où un programme d'accompagnement spécifique lancé par l'Inpi pour "fluidifier" et consolider ces relations entre acteurs publics et privés. Un encadrement qui, "couplé aux évolutions du cadre juridique modifié par la loi Pacte [Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises, ndlr] du 22 mai 2019, facilitera la conclusion de partenariats solides et pérennes et l'émergence de nombreuses innovations françaises", veut croire Pascal Faure.

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