CONVENTION CLIMAT. Plusieurs associations de défense de l'environnement ont écrit au président de la République pour lui demander de ne pas renoncer à l'obligation de travaux dans les passoires énergétiques, dans la loi de traduction des propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Les arbitrages sont en cours, d'après la ministre chargée du Logement.

Alors que les derniers arbitrages sont en cours dans le cadre du projet de loi censé traduire les proposition de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), soixante associations de défense de l'environnement et de solidarité sociale ont mis en garde contre une possible exclusion de l'obligation de rénovation énergétique des logements. Dans une lettre adressée vendredi à Emmanuel Macron, les signataires, dont Nicolas Hulot, ex-ministre de l'Environnement, ont appelé au maintien de cette obligation, qui est l'une des propositions de la CCC.

 

Selon eux, "exclure, comme cela est proposé par certains ministères, l'obligation de rénovation globale du projet de loi viderait ce texte de son ambition sociale et climatique". La CCC, établie en 2019, s'était prononcée pour une rénovation énergétique obligatoire d'ici à 2040. "La nécessité d'aller deux fois plus vite sur la rénovation énergétique est largement documentée, notamment par le Haut conseil pour le climat (HCC)", rappelle la lettre. Mardi, le HCC avait affirmé que la France était à la traîne en matière de décarbonation du bâtiment et donc de son objectif de neutralité carbone en 2050.

 

"Trajectoire ambitieuse" ou "obligations raisonnables" ?

 

En début de semaine dernière, la ministre chargée du Logement Emmanuelle Wargon avait expliqué, devant les agents immobiliers de la Fnaim, que les arbitrages étaient en cours, et que l'exécutif allait tenter de concilier "une trajectoire ambitieuse et des obligations raisonnables qui pèseront sur les propriétaires, à commencer par le moment des transactions".

 

Dans leur lettre ouverte, les signataires rappellent que "28% de nos émissions de gaz à effet de serre proviennent en effet des bâtiments" et qu'"en moyenne, les dépenses pour se chauffer sont 50% plus importantes que celles causées par nos déplacements". Sont pointées du doigt notamment "les passoires énergétiques", soit des logements particulièrement énergivores et parfois précaires.

 

Rénover l'ensemble des logements au niveau BBC

 

"Monsieur le président, vous vous étiez engagé à faire disparaître les 5 millions de passoires énergétiques d'ici 2025. Force est de constater que les milliards du Plan de relance n'y suffiront pas", soulignent les signataires. "Le défi qui nous attend est bien plus grand : l'ensemble du parc de logements doit être rénové en moyenne à niveau BBC d'ici 2050", rappellent les associations.

 

Les signataires, dont le Secours Catholique, la Fondation Abbé Pierre ou encore France Nature Environnement, rappellent que "pour au moins 6,7 millions de personnes, le reconfinement est synonyme de froid et de privation".

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