EFFICACITE ENERGETIQUE. Auditionné par une commission parlementaire sur les freins à la rénovation énergétique, le ministre de la Transition écologique François de Rugy est revenu ce mardi 28 mai 2019 sur les pistes de réflexion du Gouvernement en la matière, en avançant l'éventualité de l'obligation de travaux.

Ce mardi 28 mai 2019, la commission parlementaire sur les freins à la transition énergétique auditionnait le ministre de la Transition écologique, François de Rugy. L'occasion pour le membre du Gouvernement de revenir sur le constat mais également sur les pistes de réflexion de l'exécutif en la matière, en avançant d'ailleurs quelques propositions.

 

Des mesures en faveur de la transition énergétique pas toujours évidentes à mettre en oeuvre

 

Sur le constat tout d'abord, le ministre de Rugy a reconnu devant les députés de la commission que différentes catégories de la population étaient soumises à des contraintes économiques et sociales, rendant in fine difficile une harmonisation des politiques publiques de transition énergétique à l'échelle nationale : urbains/ruraux, usagers des transports en commun/automobilistes, métropoles/périphéries... sont autant de critères à prendre en compte, comme l'a notamment démontré le mouvement social des Gilets jaunes. Les obstacles peuvent aussi être d'ordre technique, avec des normes trop nombreuses et/ou complexes, d'ordre juridique avec une multiplication des recours, et d'ordre administratif avec des acteurs du secteur qui ne souhaitent pas toujours changer leurs habitudes. Sur le plan énergétique, le ministre a également souligné le coût non-négligeable de certaines filières d'énergies renouvelables, face à la volatilité des énergies fossiles et à un contexte mondial tendu, sur fond de guerre commerciale entre différentes puissances.

 

L'obligation de travaux, une piste à "travailler"

 

Lors de son audition par les députés, François de Rugy s'est notamment déclaré favorable à une "vraie culture de l'évaluation systématique", aussi bien au niveau étatique qu'au niveau local. Concernant les initiatives privées, le ministre est aussi "preneur de nouvelles dispositions pour raccourcir les délais", rappelant par là-même le contenu de la loi Essoc et des décrets y afférant. S'agissant des travaux de rénovation énergétique, le membre du Gouvernement a déploré "la méconnaissance des aides qui existent" et a rattaché le sujet à la question des obligations, lesquelles concernent déjà, rappelle-t-il, l'énergie et l'assainissement. "Est-ce qu'il ne faut pas envisager à un moment donné la même chose pour la rénovation énergétique, sachant peut-être que cela induira une vraie bascule, une vraie dynamique, qui ensuite fera découvrir aux gens d'ailleurs, l'intérêt, pour eux ou pour leurs locataires quand ce sont des propriétaires bailleurs ?" a interrogé François de Rugy, ajoutant : "Je pense que c'est quand même quelque chose qui est à travailler".

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