Le ministre de la Ville, Patrick Kanner, en visite la semaine dernière dans deux villages varois proches de Toulon, a annoncé la préemption par l'Etat de deux villas et un terrain pour réaliser des logements sociaux sur ces communes gravement "carencées", d'après les critères de la loi Solidarité et renouvellement urbains.

Un mois après l'annonce du chef de l'Etat au congrès HLM à Montpellier d'une politique de préemption de terrain plus active dans les villes ne respectant pas la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains), le ministre de la Ville s'est rendu vendredi 16 octobre 2015 dans deux villages varois proches de Toulon, Le Beausset et La Cadière d'Azur. Objectif : promouvoir la politique "de coopération et de dialogue" des services de l'Etat dans ce domaine.

"Ce n'est pas une loi brutale"

"La commune du Beausset (9.200 habitants) n'a que 1,03% de logement sociaux, L'Etat a préempté deux terrains et sur l'un des sites seront construits 21 logements, s'est réjoui le ministre. Ce n'est pas une loi brutale, c'est une loi qui permet à chacun de trouver sa place." A noter que cette commune doit s'acquitter d'une "amende énorme" de 300.000 euros pour ne pas avoir respecté les quotas.

 

Un peu plus tôt, le ministre était dans le village voisin de la Cadière d'Azur, qui affiche 4,83 % de logements locatifs sociaux. Ici,; "l'amende" (autour de 180.000 euros) "a été déduite de la dépense foncière" engagée par la municipalité pour une opération qui devra permettre d'ici à deux ans d'avoir une quarantaine de logements sociaux supplémentaires.

La région PACA détient le record du déficit de logements sociaux

Pour rappel : la région Paca détient le record de ces villes gravement déficitaires en logement sociaux selon les critères de la loi SRU qui oblige les communes de plus de 3.500 habitants à disposer d'au moins 25% de logements sociaux.

 

Justement, le ministre a réaffirmé que ces communes seraient accompagnées dans le cadre de contrats de mixité sociale signé avec l'Etat. La colère s'amplifie en région Paca. Le 7 octobre dernier à Marseille, une soixantaine de maires des Bouches-du-Rhône avaient manifesté leur colère devant la préfecture, clamant leur "impossibilité" à réaliser les 25% de logements sociaux imposés par la loi, opposant des contraintes spécifiques du territoire, outre le prix du foncier, les contraintes environnementales ou les déficits d'équipements (crèches, écoles...).

 

"1,7 million de ménages sont en attente d'un logement social. On ne peut plus accepter que ce soit vu comme une verrue dans certaines villes", avait affirmé le ministre de la Ville. Lorsqu'on m'interroge sur la vision de la politique de la ville, je leur réponds : c'est une politique publique qui permet de rétablir l'égalité des chances."

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