Les réactions des pilotes sont parfois mitigées, surtout concernant leurs sensations. Allan MacNish, pilote de l'écurie Renault en 2003 se confiant à Libération, jugeait ainsi les modifications apportées au tracé d'Hockenheim, dont les lignes droites dans la forêt avaient été sacrifiées : « Il est devenu assez proche des autres. C'est un tracé standard à appuis intermédiaires, avec une majorité de virages lents ou moyens ». Une piste tiède en somme. Bien conscient que les circuits devaient présenter plus d'intérêt, Hermann Tilke livre de nouvelles créations plus réussies. Ainsi, pour le circuit de Buddh en Inde, inauguré en 2011, dont la topographie était désespérément plate, l'architecte s'est fait créateur de collines : « Nous avons déplacé près de 4 millions de mètres cubes de terre afin d'introduire la troisième dimension dans le schéma, ce qui rend la piste plus excitante que si elle était complètement plane ». Dès sa conception, le circuit indien a été prévu pour se placer parmi les plus rapides du championnat, avec une vitesse moyenne de 220 km/h (150 km/h à Monaco) et une vitesse maximale de 320 km/h.

 

Futurs grands prix en 2012 et 2013
De retour au calendrier cette année, le Grand Prix des Etats-Unis se déroulera sur le tout nouveau circuit des Amériques, installé près d'Austin, Texas. La spécificité de la piste sera de tourner dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (ce qui demande des efforts physiques différents dans le cou des pilotes) et d'intégrer des virages « hommages » aux tracés mythiques que sont Silverstone (Grande-Bretagne), qui prêtera l'enchaînement de virages Maggots-Becketts-Chapel, ou Hockenheim, qui prêtera son entrée du Stadium. Hermann Tilke va jusqu'à s'auto-citer puisqu'il réutilise le fameux quadruple gauche du circuit d'Istanbul Park. Autre particularité, le dénivelé sera important, avec plus de 40 mètres de différence, à l'instar de ce que propose un autre circuit américain, Laguna Seca en Californie. Là-bas, le virage en dévers porte le nom évocateur de « Corkscrew » (tire-bouchon).

 

En France, l'architecte allemand est intervenu sur le circuit Paul Ricard, déserté par la F1 dans les années 1990, où la volonté politique d'investir dans la Nièvre avait fait naître le circuit de Nevers-Magny Cours. Racheté en 1999, le circuit varois est ainsi transformé en piste d'essais privés ultra-moderne : la « High Tech Test Track » (HTTT). Afin d'épargner les monoplaces, les bacs à sable qui bordent les virages ont été remplacés par des zones de dégagement en asphalte, recouvertes de bandes de surface abrasive, qui ralentissent progressivement les voitures qui sortent de la piste. Aussi, grâce à ces travaux qui ont également porté sur les stands et les tribunes, après plus de 20 ans de purgatoire, le tracé s'apprête-t-il à revenir en 2013 dans le calendrier de Formule 1. Le Grand Prix de France sera alors organisé en alternance avec le Grand Prix de Belgique, sur le circuit de Spa-Francorchamps dans les Ardennes, l'un des rares à avoir échappé au crayon d'Hermann Tilke.

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