A l'occasion de la présentation des résultats de l'OQAI, l'Ademe a présenté 15 fiches-actions et deux guides dans le cadre du programme Ecol'Air, afin d'améliorer le confort des établissements. L'agence recommande tout d'abord de bien choisir les matériaux et produits de la construction qui seront mis en œuvre dans le bâtiment destiné à recevoir des enfants. Une recommandation qui s'appuiera notamment sur l'étiquetage obligatoire depuis le 1er septembre 2013 des niveaux d'émissions dans l'air intérieur. Les colles, joints, vernis et peintures devront être attentivement étudiés. Même recommandation pour le mobilier qui sera introduit dans les classes : il risque d'impacter la qualité de l'air intérieur. L'Ademe note : "Il faut privilégier le mobilier labellisé, particulièrement pour les produits dérivés du bois (Ecolabel européen, NF Environnement Education...)". Le docteur Suzanne Déoux, figure de la qualité de l'air intérieur, ajoute : "La santé doit être le fil rouge d'un projet d'école. Elle doit faire l'objet d'une réflexion dès la programmation, en étudiant les contraintes et les atouts du site choisi, notamment par rapport aux vents dominants. Puis lors de la conception, avec une analyse sanitaire scrupuleuse des ADP, CCTP, DCE et produits. En phase de construction, il faudra faire attention à la substitution des produits et à l'hygrométrie lors de leur mise en œuvre sur site. Enfin, à réception il faudra faire des mesures de la qualité de l'air intérieur à vide, sans mobilier, afin d'identifier immédiatement si l'origine de la pollution est le bâti. En exploitation, des mesures périodiques devraient aussi être faites".

 

Aérer les classes, matin et soir

 

Sur l'aération par ouverture des fenêtres dans les écoles et crèches, l'Ademe note qu'il est souvent opposé une augmentation des consommations énergétiques, un manque de sécurité pour les enfants, une nuisance sonore accrue dans les classes ou l'entrée de polluants extérieurs comme des pollens. Elle préconise donc l'adoption de fenêtres oscillo-battantes, qui cumulent les ouvertures à la française et à soufflet, qui s'avèrent faciles à nettoyer sur leurs deux faces et qui empêchent l'entrée de pluie lorsqu'elles sont inclinées. Ce type de fenêtres n'aurait "pas d'inconvénient notable", fait-elle valoir. Dès lors que des menuiseries adaptées sont installées, les enseignants et personnels d'éducation pourront aérer les locaux régulièrement, de préférence le matin et le soir. Sur l'entretien des espaces intérieurs, l'Ademe souligne que le choix des produits doit être écologique et que la javel est à proscrire, "car elle altère la qualité de l'air". Dans tous les cas, la sensibilisation des employés et l'aération des locaux seront les deux leviers principaux pour encore améliorer la situation dans les écoles.

 

L'OQAI entend d'ailleurs poursuivre son travail, notamment en étudiant d'autres aspects du confort des salles de classe, qu'il soit thermique, acoustique ou lumineux. Des hypothèses seront également formulées sur la recherche de liens entre les pollutions intérieures et différents facteurs comme l'occupation du bâtiment ou l'environnement extérieur. De nouveaux résultats seront publiés en 2019.

 

Obligations réglementaires dans les écoles et crèches :
Le décret n° 2015-1000 rend obligatoire la surveillance périodique de la qualité de l'air intérieur depuis le 1er janvier 2018 dans les établissements qui accueillent des enfants (crèches, écoles maternelles et élémentaires). La surveillance comprend une évaluation des moyens d'aération des bâtiments et des mesures de polluants. Pour le radon, un récent décret (n° 2018-434) fixe une valeur de référence à 300 Bq/m3. Pour d'autres substances, les valeurs-limites, au-delà desquelles il faudra engager une expertise pour identifier la cause, sont les suivantes :
100 µg/m3 pour le formaldéhyde
10 µg/m3 pour le benzène
1.250 µg/m3 pour le tétrachloroéthylène (si l'établissement est situé à proximité d'un pressing)
Indice de confinement 5 pour le CO2

 

Le respect des débits minimum hygiéniques sera de la responsabilité de la maîtrise d'œuvre dans un projet de construction ou de réhabilitation d'une école. La responsabilité de l'entretien des installations de ventilation sera celle du propriétaire/gestionnaire. Elle sera assurée par une société de maintenance extérieure, spécialisée, ou par le service technique communal, avec un suivi des contrats et des prestations. Enfin, les enseignants et personnels d'entretien des locaux scolaires devront veiller à ne pas détériorer ou contrarier les systèmes de ventilation et à faire remonter les problèmes éventuellement rencontrés.

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