JUSTICE. Selon l'Agence France Presse, au moins un salarié de Lafarge en Syrie aurait été tué et un autre est toujours porté disparu.

Le dossier de l'affaire Lafarge en Syrie s'épaissit. Déjà accusé d'avoir financé le terrorisme dans cette région et mis en danger ses salariés entre 2011 et 2014, une enquête de l'AFP dévoile qu'un salarié, Yassin Ismaïl, a été tué en 2013 par des jihadistes" du futur groupe Etat islamique (EI), qui "l'ont exécuté après plusieurs mois de captivité". Une information confirmée par plusieurs de ses proches et collègues.

 

Autre cas, d'enlèvement cette fois-ci, mais toujours en 2013, celui d'un autre salarié de Lafarge, Abdoul al-Homada. Ce dernier a disparu à Alep, à 150 km à l'ouest de l'usine, alors qu'il venait y chercher son salaire, versé par le Lafarge dans une banque locale, ont indiqué à l'AFP quatre de ses collègues de l'époque. Selon plusieurs d'entre eux, il a très probablement été tué depuis.

 

En novembre 2016, 11 anciens salariés et l'association française Sherpa ont porté plainte contre Lafarge, sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), et plusieurs dirigeants "pour financement du terrorisme" et "mise en danger délibérée de la vie d'autrui", notamment entre 2012 et 2014. Six anciens dirigeants de Lafarge ont depuis été mis en examen.

 

Interrogé par l'AFP sur ces deux cas, LafargeHolcim a répondu n'avoir "pas connaissance qu'un collaborateur de Lafarge Syrie soit décédé à la suite d'un enlèvement". Aux enquêteurs parisiens, l'un d'eux, le directeur général adjoint de Lafarge à l'époque, Christian Herrault, a assuré en décembre dernier que "tous les enlèvements" de salariés avaient "été réglés, les rançons ont été payées et les personnes libérées sans dommage corporel". Mais, à propos du cas d'Abdoul al-Homada, il a concédé qu'un salarié enlevé à Alep n'avait "jamais été retrouvé".

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