Les chiffres sont éloquents. Les architectes évoluent dans un secteur largement masculin. Quatre-vingt-seize pour cent des gérants d'entreprises du BTP sont des hommes, 70% occupent la direction de services techniques de maîtrise d'ouvrage, et 75% dirigent les Écoles nationales supérieures d'architecture (Ensa). C'est ce qui ressort du rapport de recherche Dynamiques de genre dans l'architecture : pratiques professionnelles, inégalités, violences* du Laboratoire espaces transformations (LET-LAVUE) de l'Ensa Paris-La Villette, commandé par l'Observatoire de l'économie de l'architecture du ministère de la Culture et que la rédaction a pu consulter en mai 2026.
Malgré une féminisation croissante des effectifs étudiants, les inégalités persistent tout au long des études et de la vie professionnelle. Élise Macaire, architecte-sociologue et enseignante-chercheuse à l'Ensa Paris-La Villette, et Anne Labroille, architecte-urbaniste, vice-présidente de la Maison de l'architecture d'Île-de-France, cofondatrice de l'association MéMO (Mouvement pour l'équité dans la maîtrise d'œuvre), et conseillère ordinale au Conseil régional de l'Ordre des architectes d'Ile-de-France, toutes deux coautrices de l'étude, expliquent les profondes inégalités qui subsistent au sein de la profession.
Batiactu : Le rapport montre que les femmes sont majoritaires (61% des effectifs) dans les écoles d'architecture et qu'elles obtiennent de meilleurs résultats académiques que les hommes. Comment expliquer qu'elles demeurent ensuite minoritaires dans l'accès à des postes à responsabilité ?
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