La Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et sa représentation régionale (FRTP) ont organisé le 8 juin 2017 à Paris leur onzième et dernier débat participatif. Objectif : inviter et inciter les habitants à livrer leurs visions des infrastructures. Précisions.

Jeudi 8 juin 2017 dans la soirée à Paris, la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et sa représentation régionale (FRTP) ont organisé une "rencontre citoyenne", dédiée aux infrastructures mais pas seulement : aux transports, aux covoiturages, aux financements publics, recours et concertations publiques autour des projets du Grand Paris. Il s'agissait du 11ème et dernier débat participatif organisé sur le territoire dans le cadre de la campagne "Réinvestissons la France", lancée par Bruno Cavagné, président de la FNTP, le 23 février 2017, après avoir interpellé au Carrousel du Louvre, les candidats à la présidence de la République.

 

Recueillir les avis des citoyens

 

"L'objectif de la FNTP a été d'utiliser tout ce qui a été fait et dit dans les onze rencontres pour que ces débats servent à quelque chose, a martelé, José Ramos, président de la FRTP d'Ile-de-France, en amont des débats devant près d'une centaine de participants. Le président de la FNTP portera ensuite ces résultats auprès des gouvernants et des personnalités en charge des infrastructures." Rappelons que cette initiative avait pour principal objectif de recueillir les avis des citoyens.

 

"C'est pourquoi nous avons fait appel à l'agence Grand Public, spécialiste de la concertation pour sélectionner un échantillon de 134 citoyens et tourner près de 35 heures de rush en vue d'un film qui ouvrait toutes les rencontres, a rappelé José Ramos. Il faut écouter les gens qui sont les mieux à même de dire ce qui est bon et nécessaire pour leur espace de vie (…). C'est pourquoi il faut écouter tous les habitants, et en particulier les jeunes."

 

Parmi eux, une trentaine de citoyen(ne)s représentants l'ensemble de la société civile (lycéen, étudiant, architecte, retraité, entrepreneur, etc.) ont exprimé leurs attentes et leurs propositions pour nos infrastructures.

 

"Nous n'avons pas d'infrastructure atypique et utile comme le viaduc de Millau", un grutier parisien

 

"Nous avons des routes, des autoroutes, nous nous préparons pour les Jeux Olympiques, mais malheureusement nous n'avons pas d'infrastructure atypique et utile comme le viaduc de Millau, s'exclame un grutier parisien d'une trentaine d'années. Aujourd'hui, nous n'avons plus ce type de projet ! Même constat pour les centrales nucléaires ! Durant des années, nous avons été des fleurons de l'industrie mais désormais j'ai l'impression que cela se délocalise et que la politique du chiffre passe en priorité."

 

A l'inverse, un autre participant estime que trop d'argent public est gaspillé dans les grands projets d'infrastructures. "Les schémas d'aménagement et les désirs d'aménageurs continuent de rêver d'autoroutes, regrette à son tour, un expert francilien travaillant dans le domaine de la sociologie. Je sait très bien que les chantiers d'aménagements publics comme à Notre-Dame-des-Landes sont difficiles à mener en raison des nombreux recours." Avant de proposer des pistes de réflexion d'aménagement dans les territoires ruraux défavorisés. Des investissements pour cette personne qui sont plus utiles socialement que des grands travaux publics.

 

En guise de conclusion, José Ramos, président de la FRTP Ile-de-France, a tenu à signaler aux participants que "l'Ile-de-France bénéficie d'une attention particulière en raison de son territoire réduit qui accueille la capitale, la plaque tournante du réseau ferroviaire, et surtout, le méga projet du Grand Paris."

 

Et "paradoxalement, c'est une des régions où les infrastructures, de plus en plus vieillissantes, sont le plus mal entretenues, a-t-il ajouté. C'est ainsi qu'un accident routier sur trois est dû à une mauvaise qualité de la route."

 

Ce modèle participatif à l'échelle francilienne tend donc à prouver son efficacité alors que l'ensemble des lignes du Grand Paris Express a été soumis à une enquête publique rigoureuse soldée par l'obtention rapide de l'intégralité des déclarations d'utilité publique (DUP). La FNTP souligne que près de 1.500 participants se sont déplacés sur toute la France. Une initiative à renouveler.

 

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