LOI DE FINANCES 2021. Le conseil d'administration de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf) a validé un budget pour 2021 "d'un niveau exceptionnel", grâce au plan de relance. Ce qui doit permettre d'investir dans des enjeux prioritaires autour de la mobilité, et de soutenir l'activité des travaux publics. Le vote définitif du PLF 2021 le 17 décembre confirme cette ambition.

L'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf) se tient prête à soutenir la relance des projets de mobilité. Lors de son dernier conseil d'administration de 2020, le 16 décembre, le vote du budget pour l'année à venir était au programme. Et ce sont des moyens importants qui ont été programmés, "d'un niveau exceptionnel", explique même l'agence.

 

Ainsi, l'enveloppe initiale pour 2021 prévoit environ 4,4Mds€ d'autorisations d'engagement (AE), et près de 3,4Mds€ de crédits de paiement (CP). Par comparaison, il y a un an, le budget initial pour 2020 prévoyait 2,6Mds€ d'AE, et un peu moins de 3Mds€ de CP.

 

Sans relance, un budget conforme à la LOM

 

Attention toutefois à bien saisir de quoi il en retourne. Ces dépenses tiennent en effet compte des 549 millions d'euros de crédits de paiements du plan de relance. Sans cela, le budget de l'agence serait en baisse, conformément à la trajectoire définie par la loi d'orientation des mobilités (LOM).

 

A noter qu'il intègre aussi un "léger report de dépenses de 2020 vers 2021, suite à l'impact de la crise covid". En effet, alors qu'au moment du troisième budget rectificatif de septembre 2020, que 2,7Mds€ de CP étaient encore prévus, le quatrième budget rectificatif, adopté lors du conseil d'administration de ce 16 décembre, a revu l'enveloppe à la baisse d'environ 100 millions d'euros. Est aussi compris dans ce budget 2021 le financement du canal Seine-Nord-Europe, "dont l'engagement a été acté fin 2019", pour un total de 2,84Mds€ de crédits de paiement, rappelle l'Afitf.

 

1,7 milliard d'euros à engager dans le cadre de la relance

 

L'année 2021 de l'agence sera donc marquée par le plan de relance de l'économie. Des dépenses supplémentaires sont donc prévues, mais aussi des autorisations d'engagement. Pour l'an prochain, le budget intègre ainsi 1,292 Mds d'AE au titre du plan de relance, qui viennent s'ajouter aux 430 millions déjà mis en place en 2020. "Ce sont donc 1,722Md du plan de relance qui seront mis à disposition des maîtres d'ouvrage publics", complète l'Afitf.

 

Ces moyens complémentaires doivent notamment permettre de financer des projets dans des axes prioritaires. Des investissements stratégiques et de verdissement des grands ports de l'Etat devraient ainsi en profiter, tout comme le réseau de transport francilien et les métros. Côté route, la finalisation de projets d'amélioration et de sécurisation du réseau national initiés dans le cadre des contrats de plan Etat-régions (CPER) en bénéficiera. Sur le ferroviaire, ces autorisations d'engagement viendront soutenir "le renouveau" des petites lignes ferroviaires et le développement du fret ferroviaire.

 

Les travaux publics : "secteur vital de notre économie" pour le ministre Djebbari

 

Ce "budget de relance", comme le nomme le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, tient ainsi à la fois les promesses de la LOM, tout en étant largement renforcé par le plan de relance de l'économie, s'est-il félicité. "[Il] témoigne à nouveau de l'engagement sans précédent de ce Gouvernement dans les mobilités durables", ajoute-t-il.

 

Par ailleurs, il est aussi une marque de soutien au secteur des infrastructures. Le ministre Djebbari va même plus loin : "Ce sont autant de projets concrets pour améliorer les conditions de déplacement de nos concitoyens, tout en assurant un plan de charge de haut niveau pour ce secteur vital de notre économie que sont les travaux publics", les TPE et les PME devant aussi en profiter. Presque des mots d'amour que les TP attendent de voir se transformer en preuves, alors que les professionnels s'inquiètent depuis de longs mois de carnets de commandes qui peinent à se remplir, et d'un premier semestre 2021 presque plus difficile encore que 2020.

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