FORMATION PROFESSIONNELLE. À l'occasion du Mois de l'orientation dans le bâtiment, les acteurs franciliens du secteur organisent une série d'évènements virtuels pour mettre en valeur les différents corps de métiers et ainsi inciter les jeunes à opter pour l'apprentissage. Si les chiffres de la formation professionnelle sont excellents, la filière reste néanmoins confrontée à un manque de recrutements.

"Une opération 100% digitale qui se veut très innovante et qui nous tient particulièrement à coeur" : voilà comment la Fédération française du bâtiment (FFB) Grand Paris/Île-de-France présente le Mois de l'orientation dans le bâtiment qui aura lieu en mars, au moment où les élèves de 3e et de Terminale doivent faire leurs choix d'orientation. Un évènement d'ailleurs placé sous le haut patronage de Marc Guillaume, préfet de la région francilienne et préfet de Paris, les acteurs locaux du bâtiment soulignant que le représentant de l'État a toujours été "très investi" dans le plan gouvernemental "1 jeune, 1 solution". Depuis le premier confinement, les rencontres virtuelles entre jeunes et spécialistes de la formation professionnelle n'ont pas manqué, mais il s'agissait cette fois de donner un nouvel élan à cette édition, dans un contexte où le cru 2020 de l'apprentissage a été salué par la ministre du Travail Élisabeth Borne comme un "record historique". Au niveau territorial, les opportunités économiques sont également fortes avec les Jeux olympiques de 2024 et le vaste chantier du Grand Paris Express.

 

Un secteur qui recrute toujours

 

Plusieurs évènements vont ainsi se succéder ce mois-ci : du 1er au 31, des publications quotidiennes basées sur le principe "1 jour, 1 diplôme" présenteront sur les réseaux sociaux les formations des quelque 50 métiers du bâtiment, du montage d'échafaudages à la taille de pierre sur monument historique. Ce 3 mars est également organisé le "Village virtuel du bâtiment" à destination des prescripteurs de l'orientation, des Centres de formation des apprentis (CFA) et des chambres syndicales. Le Salon virtuel de l'étudiant accueillera aussi les 12 et 13 mars un "Village du bâtiment" pour exposer aux collégiens, lycéens et Missions locales les spécificités des métiers et le fonctionnement de l'apprentissage. La "Semaine virtuelle dans le bâtiment" prendra la relève du 22 au 26 mars, laissant la parole à des jeunes qui présenteront chacun leur CFA sous forme de live quotidien sur Facebook. Du 29 mars au 2 avril, les "Rencontres de l'alternance" organisées par le territoire Vallée Sud (Hauts-de-Seine) compléteront le dispositif, de même qu'une visite du chantier de l'Éco-campus du bâtiment dans le courant du mois.

 

"On recrute en permanence mais on manque de collaborateurs en permanence"

 

Avec un tel dispositif, les professionnels espèrent bien pouvoir combler leurs besoins de main-d'œuvre dans une région où les chantiers ne manquent pas : "On recrute en permanence mais on manque de collaborateurs en permanence", déplore Sofy Mulle, déléguée générale de la FFB Île-de-France. "Le spectre de métiers est particulièrement large dans le bâtiment et on peut commencer bas pour terminer haut" poursuit-elle, avant de rappeler que le secteur embauche du niveau CAP à l'école d'ingénieurs. "Et malgré la crise sanitaire, on continue à recruter." Confirmant que l'apprentissage s'est effectivement fort bien porté l'année dernière mais que les chiffres de la région parisienne ont été un peu moins bons en comparaison au reste du territoire, les acteurs locaux affirment que les entreprises sont sensibilisées à la question de l'emploi des jeunes et qu'elles veulent y apporter leur pierre. D'où leur optimisme sur une possible reconduction des aides gouvernementales en faveur de l'embauche des apprentis, censées se terminer à la fin mars mais qui pourraient bien être prorogées de plusieurs mois.

 

Franc succès pour la plomberie et l'électricité

 

Ceci dit, tous les métiers ne sont pas logés à la même enseigne. Si la plomberie et l'électricité font partie des postes les plus demandés, les peintres et poseurs de sols sont en tension. Mais il s'avère que certains métiers gagnent aussi en visibilité, par exemple après l'incendie de Notre-Dame de Paris qui a mis en lumière le poste de couvreur, jusqu'alors discret, méconnu et cible de préjugés. Les métiers du bois, au premier rang desquels celui de menuisier, attirent aussi, certainement en raison de la forte considération des jeunes pour l'écologie. Malgré tout, le manque d'information sur les métiers et leurs formations reste un problème, sans oublier le rôle des parents dans le processus de décision des jeunes. "Cela peut véhiculer une image négative, fausse ou inappropriée sur des métiers", pointe Sofy Mulle. "Le bâtiment est pourtant un secteur d'activité avec une ambiance géniale, où l'on ne s'ennuie pas car il y a toujours du renouveau, et l'évolution de carrière est réelle."

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