ÉNERGIES MARINES. Une turbine sous-marine de la baie de Fundy a été connectée avec succès au réseau électrique de Nouvelle-Ecosse (Canada). Une première machine OpenHydro (groupe Naval Energies) avait déjà été testée sur place entre novembre 2016 et juin 2017.

Une satisfaction pour Naval Energies (ex-DCNS). Sa co-entreprise Cape Sharp Tidal, qui associe sa filiale OpenHydro et l'énergéticien canadien Emera, a déployé et raccordé un hydrolienne sur le site du Fundy Ocean Research Center for Energy, dans le bassin de Minas en Nouvelle-Ecosse. Une zone particulièrement propice à la formation de puissants courants capables de mouvoir les pales des lourdes turbines sous-marines. "Nous croyons au potentiel énergétique hydrolien dans la baie de Fundy", assure Christian Richard, directeur de Cape Sharp Tidal et vice-président des projets spécifiques d'Emera.

 

Une première machine du même type avait déjà été installée sur place entre novembre 2016 et juin 2017. Pendant l'année qui s'en est suivie, les équipes du projet ont exploité ce premier retour d'expérience pour améliorer l'efficacité de la turbine et de son programme de surveillance environnementale, notamment auprès des pécheurs locaux. Puis, les opérations de déploiement ont débuté le 19 juillet après plusieurs jours d'activités préparatoires. L'hydrolienne a été déployée le 22 juillet dans l'après-midi puis raccordée au réseau le 24 juillet.

 

Les industriels vont-ils persévérer dans cette voie technologique ?

 

Alisdair MacLean, autre directeur de Cape Sharp Tidal, se réjouit : "Cette réalisation positive peut être attribuée à la persévérance et au dévouement de notre équipe". Les débuts des turbines sous-marines sont en effet semés d'embuches : à la fin de 2016, Naval Energies (alors DCNS) avait détecté un défaut de qualité sur un composant de fixation des quelques machines déjà produites, ce qui avait entraîné de longues opérations de réparation, à terre. En France, le groupe connaît quelques déboires : malgré l'inauguration d'une unité de production à Cherbourg au mois de juin 2018, le ministre de la Transition écologique et solidaire s'est montré prudent quant à l'avenir de la technologie, notamment au regard de ses coûts, encore très supérieurs à ceux de l'éolien offshore notamment. Naval Energies a donc annoncé poursuivre ses projets tout en redéployant une partie importante de ses effectifs (100 postes sur 260) vers d'autres branches… Dans les mois qui viennent, l'industriel français entend se focaliser sur les initiatives de la baie de Fundy ou en Asie, au Japon et en Indonésie. Ce n'est qu'après 2020 que la France pourra peut-être compter sur une ferme commerciale de sept turbines dans le raz Blanchard (Manche).

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