La construction de l'unité d'assemblage des turbines sous-marines OpenHydro (groupe Naval Energie, ex-DCNS) a débuté sur la péninsule du Cotentin. Elle approvisionnera, en 2018-2019, la future ferme pilote du raz Blanchard, qui comportera pas moins de sept machines.

Naval Energie (ex-DCNS) et OpenHydro ont posé la première pierre de l'usine d'assemblage d'hydroliennes de Cherbourg (Manche), ce vendredi 21 juillet 2017. Une unité qui produira en série des turbines sous-marines de 16 mètres de diamètres, destinées à être immergées dans une zone de fort courant. Deux engins de ce type ont déjà été testés, avec plus ou moins de succès compte tenu des déboires rencontrés par cette nouvelle technologie déployée en milieu hostile, au large de Paimpol-Bréhat (Côtes d'Armor) en 2016.

 

La ferme pilote du raz Blanchard, quant à elle, comptera pas moins de sept hydroliennes, immergées par 30 mètres de profondeur entre la pointe de la Hague et l'île anglo-normande d'Aurigny. Elle devrait donc atteindre une puissance théorique de 14 MW et être opérationnelle dès 2019. Naval Energie précise : "Cette ferme hydrolienne sera raccordée au réseau d'électricité à l'horizon de 2020, permettant d'alimenter en électricité environ 13.000 habitants", soit un peu plus que la population de la commune nouvelle de La Hague. Il est estimé que le parc nécessitera un investissement de 112 M€ dont 50 M€ seront apportés par des subventions, et l'autre partie par les porteurs du projet comme EDF Energies Nouvelles.

 

Cherbourg, le 2e pôle des énergies offshore après Nantes-Saint-Nazaire

 

L'usine, quant à elle, devrait être achevée au premier trimestre de 2018. Elle emploiera une quarantaine de personnes en rythme de croisière. Le groupe annonce : "La construction de cette usine constitue une étape décisive dans le développement de l'hydrolien en France et à l'international". De son côté, Philippe Bas, le président du conseil départemental de la Manche déclare : "La volonté politique n'a jamais fait défaut et nous continuons de travailler, collectivité et Etat, pour faire de Cherbourg un pôle national des énergies renouvelables". Car, outre cette unité d'assemblage d'hydroliennes, une usine de production de pales géantes pour les éoliennes offshore doit également y être construite, cette fois par LM Wind.

 

Concernant la technologie hydrolienne, une quinzaine de machines d'une puissance comprise entre 0,1 et 3 MW, sont aujourd'hui capables de produire de l'électricité grâce à la force des courants marins de par le monde, dont la Sabella D10 dans le passage du Fromveur (Finistère) mais également deux machines OpenHydro dans la baie de Fundy (Canada) ou d'autres au large des côtes écossaises (6 MW), japonaises (2 MW) et néerlandaises (1,2 MW). Avec l'entrée en service d'un parc pré-commercial de sept machines en 2020, la France reprendrait ainsi une longueur d'avance… si toutefois les autres nations ne devaient pas progresser, elles aussi.

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