ENERGIES MARINES. A partir de la fin août 2018, l'hydrolienne de la PME bretonne Sabella devrait être de nouveau immergée au large de l'île d'Ouessant, dans le Finistère. Depuis 2016, l'engin est revenu sur le plancher des vaches pour y subir une batterie de tests et d'améliorations.

Nouvel épisode dans la série de l'hydrolienne Sabella D10 : après avoir eu un de ses câbles endommagés et même avoir été piraté par des hackers, ce sera donc à compter de la fin août que la turbine sera réimmergée au large d'Ouessant, si les conditions météorologiques sont toutefois favorables. Il est prévu que la machine repose par 55 mètres dans les fonds marins pendant trois ans, et qu'elle fournisse environ 15% des besoins énergétiques de l'île. Pesant 100 tonnes et développant 1 MW, l'engin sera équipé d'un système de stockage permettant de pallier en partie aux périodes d'arrêt de production électrique dues aux étales, c'est-à-dire les périodes entre deux marées où le courant marin est nul. A titre de comparaison, l'hydrolienne avait fourni seulement 5% des besoins énergétiques d'Ouessant durant sa première période d'immersion, entre juin 2015 et juillet 2016. Elle avait par la suite été ramenée à terre, où elle a bénéficié d'une série de tests et d'améliorations. Jean-François Daviau, président de la PME Sabella, constructeur de la turbine : "On a doublé la chaîne de conversion électrique de manière à ce que si un composant venait à défaillir, on puisse s'aiguiller sur la seconde chaîne de conversion et continuer de produire".

 

Les éventuelles opérations d'entretien-maintenance de l'hydrolienne resteraient cependant délicates à assumer sur le plan financier, sachant que les relevages et réimmersions de la machine frôlent les 2 millions d'euros. Pour l'heure, D10 est la première hydrolienne à avoir été raccordée au réseau électrique national, et la seule à y avoir injecté du courant d'origine marine. La société Sabella, qui emploie une vingtaine de personnes sur son site de production de Brest, prévoit l'immersion de deux nouveaux engins à l'horizon de 2021, toujours au large d'Ouessant et plus précisément dans le passage du Fromveur, où le courant marin peut être très puissant. Ces deux autres turbines afficheraient cette fois un diamètre de 12 m, d'où leur appellation D12. Ainsi, de 35 à 40% des besoins en électricité des quelques 800 habitants d'Ouessant devraient être pourvus.

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