MUNICIPALES. Deux candidats à la mairie de Paris ont énoncé leurs propositions en matière de logement et d'urbanisme : le candidat officiel de La République en Marche, Benjamin Griveaux, promet un apport allant jusqu'à 100.000 euros pour aider les ménages à acheter, tandis que l'édile socialiste sortante Anne Hidalgo veut créer une centaine de "mini-forêts urbaines" et des "dizaines de rues végétales".

La campagne des élections municipales bat son plein : par médias interposés, deux candidats à la mairie de Paris ont, durant ce weekend des 1er et 2 février 2020, énoncé leurs propositions en matière de logement et d'urbanisme. Dans une interview publiée samedi sur le site du Parisien, le candidat officiel de La République en Marche (LREM), Benjamin Griveaux, suggère de créer un système de financement spécifique pour aider les ménages à acheter dans Paris intramuros, là où il est devenu très compliqué de devenir propriétaire avec un prix moyen au m² supérieur à 10.000 € : "Je propose que la Ville de Paris crée un organisme qui apportera jusqu'à 100.000 € pour un achat en résidence principale", a ainsi indiqué l'ex-porte-parole du Gouvernement. "Au moment de la revente, la Ville prendra une part de la plus-value qui sera plafonnée autour de 20% du prix du bien. Il faut aider (les classes moyennes) à devenir propriétaires", a insisté ce proche d'Emmanuel Macron, notant qu'"à Paris, quand vous n'avez pas d'apport, vous ne pouvez pas acheter. C'est la pire des inégalités".

 

Dans le détail, cette mesure s'adresserait notamment aux classes moyennes, comme les couples avec un enfant qui gagnent à deux environ 6.000 € par mois, ce qui est considéré comme "trop pour accéder au logement social et pas assez pour acheter", a estimé l'entourage du candidat marcheur à l'AFP. Avec pour objectif d'acquérir 20.000 logements, Benjamin Griveaux ambitionne de mettre "700 millions d'euros sur la table, et lever sur les marchés 1,3 milliard d'euros" durant le mandat municipal. En outre, l'ancien membre du Gouvernement propose le "recensement des logements vacants" dans la capitale, ceci afin de "proposer aux propriétaires les plus réticents" de les louer à la Ville de Paris, laquelle les sous-louerait ensuite aux classes moyennes.

 

Un projet de "végétalisation massive", l'environnement étant "un sujet primordial"

 

De l'autre côté de l'échiquier politique, Anne Hidalgo met l'accent sur le végétal : dans un entretien au Journal du Dimanche, la maire socialiste sortante veut faire de Paris une ville résolument verte. C'est ce jeudi 6 février 2020 que l'édile présentera son programme pour les municipales, dont "le socle sera l'écologie", affirme-t-elle. Le chantier de "végétalisation massive" qu'elle entend mener se traduirait "par la création de dizaines de rues végétales et 100% piétonnes, dans tous les arrondissements" ; "enherbées", ces artères "formeront un grand parcours vert parisien". De grandes "forêts urbaines" seront par ailleurs implantées derrière l'opéra Garnier, sur le parvis de l'hôtel de ville, devant la gare de Lyon ou encore au pied de la tour Montparnasse, ainsi qu'"une centaine de mini-forêts urbaines - une trentaine d'arbres et de la pelouse - sur des petites parcelles de 200 mètres carrés dans chaque arrondissement, comme cela se fait à Tokyo".

 

Dans le cas où elle serait reconduite à la tête de la Ville Lumière, Anne Hidalgo veut également planter "environ 170.000" arbres en six ans, "partout où c'est possible" : "A chaque fois qu'un enfant parisien naîtra, nous organiserons la plantation d'un jeune arbre par les parents, avec parrainage", ajoute-t-elle dans les colonnes de l'hebdomadaire. Mais la liste des propositions d'ordre environnemental ne s'arrête pas là : "débitumer et végétaliser une bonne moitié des huit hectares des quais de Seine", créer de nouveaux parcs ainsi que "deux très grands potagers urbains" dans le bois de Vincennes et dans celui de Boulogne. Questionnée sur un éventuel rapprochement avec Cédric Villani, candidat dissident de LREM, Anne Hidalgo indique rester à l'écoute : "Mon rôle de maire de Paris, vu la gravité de la situation, est de rassembler le plus largement possible celles et ceux qui considèrent que l'écologie est un sujet primordial".

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