DÉVELOPPEMENT DURABLE. Dans son suivi annuel de la promotion et de l'utilisation des énergies renouvelables, le Commissariat général au développement durable indique que la part de celles-ci dans la consommation finale brute d'énergie était de 16,5% (+7 points) en 2018. Des chiffres en hausse mais malgré tout inférieurs à la trajectoire fixée pour pouvoir atteindre l'objectif 2020, établi à 23%.

La France continue à augmenter sa part d'énergies renouvelables dans sa consommation énergétique, mais pas assez vite. C'est en substance ce qu'affirme le Commissariat général au développement durable (CGDD) dans son suivi annuel de la directive européenne 2009/28 relative à la promotion de l'utilisation des énergies renouvelables en France (métropole et Outre-Mer). Pour rappel, ce texte communautaire stipule que la consommation finale brute d'énergie de l'ensemble des pays membres de l'Union européenne doit atteindre 20% en 2020, et que l'objectif de la France est quant à lui fixé à 23% pour la même échéance, avec une part d'au minimum 10% pour le seul secteur des transports.

 

En 2018, la part des énergies renouvelables dans la consommation tricolore a atteint 16,5%, soit une progression de plus de 7 points par rapport à 2005. Une hausse imputable à deux facteurs : d'une part, l'augmentation conséquente de la consommation finale brute d'énergies renouvelables, laquelle a bondi de 10,3 Mtep (*) depuis 2005, ce qui représente un envol de 67% ; d'autre part, la baisse globale de la consommation finale brute d'énergie, qui a reculé de 9 Mtep depuis 2005, soit une diminution de 5%. En fait, depuis 2005, la place des énergies renouvelables s'est accrue dans l'électricité (+7,3 points), les transports (+7,2 points) et dans le chauffage (+9,3 points).

 

Des filières à la pointe, d'autres à la traîne, et certaines au point mort

 

Pour autant, même si ces chiffres sont en hausse, ils restent en-deçà de la trajectoire fixée en 2010 par le Plan national d'action en faveur des énergies renouvelables (PNA ENR), qui doit elle-même permettre d'atteindre les objectifs établis par la directive européenne pour l'année 2020. D'après le ministère de la Transition écologique, la consommation finale brute d'énergies renouvelables a donc atteint 25,7 Mtep l'année dernière, contre 15,4 Mtep en 2005. Certaines filières contribuent tout particulièrement à cette expansion : l'éolien (+14%), la biomasse solide et déchets renouvelables (+3% pour l'électricité), le biodiesel (+1%) et les pompes à chaleur (+9%) représentent à eux seuls plus de 86% de la hausse globale. Mais le développement des énergies renouvelables demeure éloigné des prévisions du PNA ENR, surtout pour les filières biomasse solide (incluant les déchets urbains renouvelables, -3% pour le chauffage-refroidissement) et l'éolien marin (0%).

 

On notera par ailleurs que l'hydraulique renouvelable a également stagné (0%), que le solaire photovoltaïque se porte en revanche bien (+10%) et que les énergies marines se rétractent de 8%, probablement à cause de l'abandon de la filière des hydroliennes par un géant du secteur. Si le biogaz s'emballe de 11% pour l'électricité et de 7% pour le chauffage-refroidissement, la géothermie, qu'elle soit électrique ou thermique, est au point mort (0%). Dans le secteur des transports, les carburants renouvelables (bioéthanol, biodiesel) progressent de 2%, mais l'électricité renouvelable stagne, aussi bien dans le transport routier que ferré.

 

La trajectoire 2018 aurait dû permettre d'atteindre 20,5% d'énergies renouvelables dans la consommation finale

 

En réalité, la trajectoire 2018 aurait dû permettre d'atteindre 20,5% d'énergies renouvelables dans la consommation finale, avec dans le détail 24% pour l'électricité, 29% pour le chauffage et le refroidissement et 9,4% pour les transports. L'objectif 2020, fixé à 23% au global, table pour sa part sur 27% pour l'électricité, 33% pour le chauffage-refroidissement et 10,5% pour les transports. Il y a donc encore des efforts à fournir pour que les filières industrielles concernées puissent honorer ces engagements. La consommation finale brute d'électricité renouvelable était de l'ordre de 9,3 Mtep en 2018, soit +5% en un an et +52% depuis 2005, et représentait 36% de la consommation finale brute d'énergies renouvelables.

 

Mais où en sont les différentes sources d'énergies et leur potentiel de croissance ? Selon le CGDD, la production hydroélectrique reste stable, voire même diminue, car ses capacités ne sont que faiblement développées "à cause d'une hydraulicité moins importante que par le passé", même si "les filières émergentes progressent", note-t-il dans son rapport annuel. Concernant l'éolien, le parc terrestre bénéficie d'une croissance soutenue tandis que le parc maritime est "toujours en phase de projet". Le solaire photovoltaïque et le biogaz, eux, ont vu leurs niveaux de production décoller depuis 2005, où ils étaient quasiment nuls. Quant au léger recul de la production de biomasse solide, il s'expliquerait par la douceur du climat observée ces dernières années, mais également par un nombre d'installations d'appareils à bois moins important qu'à la fin des années 2000 et au début des années 2010.

 

 

(*) Mtep, pour Million de tonnes équivalent pétrole, est une unité de mesure de l'énergie. Concrètement, 1 Mtep équivaut à 41.868 pétajoules, ce qui représente le pouvoir calorifique d'une tonne de pétrole.

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