DISCOURS. Invitée à clôturer les échanges de l'université d'été du Medef, la ministre de la Transition écologique et des Transports, Elisabeth Borne, s'est exprimée face au patronat ce jeudi 29 août 2019. L'occasion pour elle de rappeler notamment la politique gouvernementale en matière de fonds chaleur et de Certificats d'économie d'énergie.

L'heure est aux discours sur le changement climatique et la transition écologique, et l'université d'été du Medef n'y échappe pas. Son édition 2019, sobrement rebaptisée "Rencontre des entrepreneurs de France" (REF), se tenait ce jeudi 29 août à l'hippodrome de Longchamp, dans le très chic XVIe arrondissement de Paris. Pour clôturer cette journée d'échanges, Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et des Transports, a interpellé les entreprises sur les problématiques environnementales, tout en rappelant les principaux points de la politique gouvernementale en la matière. Affirmant que "l'on a trop longtemps présenté l'écologie comme l'ennemie de l'économie", l'ancienne patronne de la RATP a au contraire assuré que la transition énergétique est "une chance pour les entreprises".

 

"Elle est porteuse de nouveaux marchés, de nouvelles opportunités. Les mentalités évoluent, et avec elles les comportements. Des progrès technologiques s'accomplissent chaque jour sous l'effet des mutations en cours. Demain, la mobilité sera durable, les énergies propres et leur gestion optimisée grâce à des réseaux intelligents ; la construction sera bio-sourcée."

 

Des rendez-vous manqués pour la France et son industrie dans les "filières d'avenir"

 

Quelques semaines après la présentation, en Conseil des ministres, du projet de loi sur l'économie circulaire, porté par la secrétaire d'Etat Brune Poirson, sa ministre de tutelle a insisté sur le rôle des entreprises dans la promotion d'un modèle économique plus vertueux : "Votre mobilisation s'illustre également dans l'engagement que certains d'entre vous ont pris d'investir, avant 2020, 60 milliards d'euros dans les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et les technologies bas carbone", a souligné Elisabeth Borne. "Cet objectif a été atteint et dépassé deux ans plus tôt que prévu. Je souhaite le même succès à la nouvelle phase du 'French Business Climate Pledge' dans laquelle vous avez voulu vous engager à l'occasion de ces rencontres." Le "French Business Climate Pledge", littéralement l'engagement des entrepreneurs français pour le climat, avait été pris lors du sommet One Planet en décembre 2017 par 99 sociétés tricolores pesant 1.650 milliards d'euros de chiffre d'affaires. L'objectif des investissements en Recherche & Développement, fixé à 60 milliards d'euros, ayant été atteint et même dépassé puisque 68 milliards ont été déboursés au total, une nouvelle période courant de 2020 à 2023 devrait capitaliser au moins 73 milliards, auxquels s'ajouteraient 10 milliards dans le secteur du nucléaire, et 18 autres milliards dans le secteur du gaz naturel.

 

Sur le plan politique, la ministre a en outre admis que le monde industriel avait "manqué certains rendez-vous" pour développer les filières de technologies renouvelables dans l'Hexagone. "Je pense au photovoltaïque, aux batteries ou encore aux éoliennes", a précisé Elisabeth Borne. "Le premier devoir de la puissance publique, c'est bien d'accompagner les entreprises, les territoires et les salariés dans cette transition. Et l'Etat y prend toute sa part. C'est ce que nous faisons en travaillant à vos côtés à la transformation des filières qui font la force de notre économie", a-t-elle lancé au patronat. "Je pense aux contrats portés par les 18 comités stratégiques de filières", dont celui concernant le secteur de la construction a été signé en février 2019.

 

"(...) nous devons d'abord poursuivre un impératif de résultat (...)"

 

Parmi les autres outils institués par le Gouvernement pour aider le tissu économique à moderniser ses process de production, Elisabeth Borne a rappelé la montée en puissance du fonds chaleur : "[Il] a permis de financer de nombreux projets depuis 10 ans dans l'industrie : des chaufferies biomasse, du solaire thermique, de la géothermie. C'est un levier majeur de la décarbonation de l'économie. Il est en nette augmentation : 200 millions d'euros en 2018, 300 cette année et 350 l'année prochaine. Alors saisissez-vous-en !" Un appel réitéré pour les Certificats d'économie d'énergie (CEE) : "Je pense aussi aux CEE dont nous prolongerons d'un an la quatrième période. Nous avons d'ailleurs identifié de nouveaux gisements, notamment celui des installations sous quotas carbone, et de nouvelles modalités, comme le cumul des CEE avec le fonds chaleur."

 

Enfin, la ministre de la Transition écologique et des Transports a indiqué que la méthode d'accompagnement des entreprises par l'exécutif reposait sur le dialogue, la stabilité et la responsabilité, renvoyant aux discussions actuelles sur la Réglementation Environnementale 2020 : "Quand nous définissons un objectif, quand nous posons une norme, nous devons d'abord poursuivre un impératif de résultat et ne sous-estimer, ni l'audace, ni l'ingéniosité des acteurs pour trouver les meilleurs moyens d'y parvenir. C'est dans cet esprit que nous concevons la future Réglementation Environnementale du bâtiment."

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