COMPÉTITIVITÉ. Dans le cadre de son offensive pour préserver l'emploi face aux ravages de la crise du Covid, l'exécutif réfléchirait à un dispositif d'exonération des charges salariales sur plusieurs années pour soutenir l'embauche des jeunes mais aussi la trésorerie des entreprises. Détails.

Alors que les premières répercussions de la crise du coronavirus commencent à se faire sentir sur l'activité économique, le Gouvernement veut tenter de limiter la casse sur le plan social en élaborant une batterie de mesures destinées à préserver l'emploi et la formation professionnelle. Dans la foulée des annonces sur l'évolution du dispositif de chômage partiel, et après qu'Emmanuel Macron ait indiqué vouloir donner un tour de vis sur le recours au travail détaché, une nouvelle piste de réflexion se dessine : selon des informations de nos confrères des Echos, le ministère du Travail plancherait depuis quelques jours sur un système d'exonération des cotisations salariales pour soutenir l'embauche des quelque 700.000 jeunes diplômés qui vont arriver sur le marché du travail en septembre prochain.

 

La semaine prochaine, Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, doit d'ailleurs lancer une série de concertations qui se veulent rapides pour finir d'échafauder un plan de soutien à l'emploi que le président de la République souhaite présenter au début du mois de juillet. Alors que l'idée d'une prime forfaitaire semblait bien partie, ce serait donc le principe d'une exonération qui serait aujourd'hui privilégiée, grâce à ses "effets potentiellement plus massifs" sur les recrutements mais aussi sur la compétitivité des entreprises, avec un coût du travail qui pourrait grandement diminuer.

 

Améliorer la santé financière et redynamiser l'investissement des entreprises

 

Bercy et l'Elysée doivent encore donner leur feu vert, mais l'idée consisterait à exonérer de charges salariales (et non patronales) le salaire d'un jeune embauché, lequel ne verrait aucun changement sur sa rémunération nette et ne perdrait aucun droit associé à ses cotisations. L'effet serait par contre bien plus conséquent pour l'employeur, qui conserverait dans sa trésorerie les sommes correspondant aux charges salariales non-collectées par les Urssaf. Au-delà de l'amélioration de leur santé financière, les entreprises pourraient ainsi consolider leurs capacités d'investissements.

 

Evidemment, de nombreux paramètres doivent encore être définis, comme la durée du dispositif, le détail exact des cotisations concernées, les limites de salaires et d'âge, sans oublier le fait de savoir si cette exonération s'appliquera à tous les jeunes, y compris ceux étant déjà en poste, ou seulement aux nouveaux embauchés. Dans tous les cas, d'après Les Echos, ce système concernerait en revanche aussi bien les CDD que les CDI. Reste enfin la question du coût, sachant que l'Etat devra rembourser à la Sécurité sociale les sommes dues : selon les calculs du quotidien économique et en fonction des paramètres retenus, la facture oscillerait de moins de 10 milliards d'euros à "largement" plus de 10 milliards.

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