NUCLÉAIRE. Après avoir constaté des défauts dans un grand nombre de soudures sur le circuit secondaire principal de son réacteur de 3e génération, EDF annonce que des réparations vont avoir lieu. Des opérations qui vont entraîner un retard de plusieurs mois ainsi qu'un surcoût de 400 M€, tout en repoussant l'arrêt de la centrale de Fessenheim.

Dernière avanie d'une très longue liste, EDF est encore une fois obligé de repousser la livraison de la tranche numéro trois de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche) cette fois en raison des anomalies de soudures détectées au printemps 2018. Dans un communiqué, l'électricien national explique avoir contrôlé presque toutes les soudures du circuit secondaire principal (celui dans lequel la vapeur produite dans le générateur de vapeur est évacué vers la turbine et où, une fois condensé, il est renvoyé sous forme liquide vers le générateur). Et les résultats ne sont pas à la hauteur : sur 148 points testés, 63 présentent des défauts plus ou moins graves (soit 42,5 % du total)…

 

Dans le détail, 33 soudures "présentent des écarts de qualité", 20 autres ne "respectent pas les exigences dites de 'haute qualité' définies par EDF" et 10 dernières nécessitent une démarche de justification spécifique, permettant de confirmer un niveau de sécurité suffisant. Avec satisfaction, EDF souligne que "les 85 autres soudures sont conformes". Mais pour les 53 premières, les ouvriers vont devoir les réparer ou tout simplement les recommencer, afin qu'elles répondent ou dépassent les très hauts standards de l'industrie électronucléaire française.

 

Retard à Flamanville = sursis pour Fessenheim

 

Un nouveau contretemps qui va entraîner un "ajustement du planning et de l'objectif de coût du chantier". En d'autres termes : l'entrée en service de l'EPR de Flamanville ne pourra se faire qu'en 2020, au plus tôt, puisque les essais "à chaud" (en température et pression) sont programmés pour la fin de 2018 et que le chargement en combustible nucléaire est désormais prévu au 4e trimestre de 2019, avec près d'une année de décalage sur le précédent calendrier. Les travaux supplémentaires et le retard auront un impact budgétaire non négligeable : la facture de la construction du réacteur passera de 10,5 à 10,9 Mrds € (+3,8 %). Dernière conséquence, l'exploitation des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim pourrait se poursuivre jusqu'à ce que l'EPR puisse prendre le relai…

 

Des annonces qui contrarient France Nature Environnement, pour qui "EDF s'embourbe à Flamanville". Dans un communiqué, l'association déclare : "Alors que la mise en service du réacteur a déjà 6 ans de retard et a coûté plus de 10 milliards d'euros, FNE se désole du décalage de la mise à l'arrêt définitive de la centrale de Fessenheim qui reste, sur décision d'EDF, corrélée à la mise en service de l'EPR". Marion Sevaz, coordinatrice du réseau Energie ajoute : "Il est temps de donner de l'élan au développement des énergies d'avenir en cessant l'incompréhensible entêtement pour une vieille France nucléaire".

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