SÉCURITÉ. Dans le cadre des investigations visant à identifier les composants de centrales nucléaires présentant des anomalies, EDF a listé 6 réacteurs en activité comportant des générateurs de vapeur s'écartant du référentiel technique. De son côté, l'Autorité de sûreté nucléaire a procédé à une nouvelle campagne de distribution de comprimés d'iode.

Après avoir informé l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 9 septembre 2019 d'un "écart relatif à un procédé de traitement thermique de détensionnement de soudures par résistance électrique de certains équipements de réacteurs nucléaires", EDF a lancé dans la foulée des investigations techniques avec sa filiale Framatome, spécialisée dans la construction de chaudières et autres équipements pour installations atomiques. Ce 18 septembre, l'énergéticien a fait un point d'étape : à ce jour, le groupe a identifié 16 générateurs de vapeur installés sur 6 réacteurs en exploitation, à savoir les réacteurs n°3 et 4 de Blayais (Gironde), le réacteur n°3 de Bugey (Ain), le réacteur n°2 de Fessenheim (Haut-Rhin), le réacteur n°4 de Dampierre-en-Burly (Loiret) et le réacteur n°2 de Paluel (Seine-Maritime). "A ce stade de l'instruction technique portant sur ces composants, EDF estime que les écarts constatés ne remettent pas en cause l'aptitude au service des matériels et ne nécessitent pas de traitement immédiat", précise l'énergéticien dans un communiqué.

 

En outre, des composants qui n'ont pas encore été mis en service ont également été épinglés par les travaux de recensement, à l'instar des 4 générateurs de vapeur et du pressuriseur du réacteur EPR de Flamanville 3, dans la Manche. De même, les 3 générateurs de vapeur neufs destinés à remplacer ceux actuellement en service des réacteurs n°5 et 6 de Gravelines (Nord) font partie de cette liste. En conclusion du communiqué, EDF et Framatome indiquent "[poursuivre] leurs analyses techniques avec une extrême diligence et en tiendront l'ASN régulièrement informée".

 

L'ASN rappelle les 6 réflexes à adopter impérativement en cas d'alerte nucléaire

 

Dans le même temps, l'Autorité a déclaré ce 17 septembre avoir lancé une campagne complémentaire de distribution de comprimés d'iode stable, destinés à quelque 2,2 millions de riverains et 200.000 établissements situés à proximité de sites nucléaires et répartis sur 1.063 communes. "Les personnes et les établissements recevant du public (ERP), dont les établissements scolaires, situés dans un rayon de 10 à 20 kilomètres autour d'une des 19 centrales nucléaires françaises, recevront dans les prochains jours un courrier des pouvoirs publics leur permettant de retirer gratuitement leur(s) boîte(s) de comprimés d'iode stable dans les pharmacies participant à l'opération", indique le communiqué de l'organisation. "Cette campagne vient en complément de la distribution d'iode, effectuée en janvier 2016, dans un rayon de 0 à 10 km autour des centrales nucléaires." En cas d'accident atomique, l'absorption de comprimés d'iode stable permet de saturer la glande thyroïde et ainsi éviter que de l'iode radioactif relâché par l'incident ne se fixe sur cet organe essentiel à la régulation du système hormonal.

 

Mais au-delà de la prise de pastilles d'iode, cette nouvelle campagne lancée par l'ASN se fixe aussi pour objectif de sensibiliser les populations résidant à proximité des centrales nucléaires sur le fonctionnement de ces installations et leurs risques inhérents. De fait, l'Autorité rappelle les 6 réflexes à adopter impérativement en cas d'alerte nucléaire : "se mettre à l'abri rapidement dans un bâtiment en dur, se tenir informé à l'aide des médias, ne pas aller chercher ses enfants à l'école, limiter ses communications téléphoniques, prendre le(s) comprimé(s) d'iode stable sur instruction du préfet selon la posologie et se préparer à une éventuelle évacuation".

 

Nonobstant l'ASN, la campagne de prévention est mise en oeuvre par les préfets, les divisions régionales de l'Autorité, les centrales du groupe EDF, les élus locaux et commissions locales d'information, sans oublier les professionnels de santé. En l'occurrence, 646 pharmaciens pourront fournir les comprimés d'iode aux administrés concernés.

 

 

Quelques précisions sur le Plan particulier d'intervention (PPI)

 

L'ASN revient en outre sur le fonctionnement du PPI, rappelant qu'il s'agit d'un "dispositif établi par l'État pour protéger les personnes, les biens et l'environnement face aux risques liés à l'existence d'une installation industrielle. Si un événement nucléaire se produisait et qu'il était susceptible d'avoir des conséquences à l'extérieur du site, le préfet prendrait la direction des opérations et s'appuierait sur ce Plan, qui est une des dispositions spécifiques du plan Orsec [Organisation de la réponse de Sécurité civile, ndlr] départemental." C'est le Gouvernement qui est à l'origine de l'extension de 10 à 20 kilomètres du rayon du PPI, une décision "en ligne avec les recommandations des autorités européennes de sûreté nucléaire".

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