ANRU. Jean Castex a envoyé vendredi un signal aux quartiers prioritaires de la ville, inquiets des répercussions économiques et sociales de la crise sanitaire, en annonçant des fonds supplémentaires pour la rénovation urbaine, lors d'une visite dans un quartier prioritaire.

"Que personne ici n'en doute, le rôle de l'Etat, plus que jamais en période de crise, est d'être aux côtés de ceux qui souffrent, de ceux qui se sentent exclus, de ceux qui se sentent victimes d'inégalités de tous ordres. Nous venons leur apporter des réponses concrètes", a assuré le Premier ministre à l'issue d'un Comité interministériel de la ville. A Grigny (Essone), ville la plus pauvre de France selon l'Observatoire des inégalités, où 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté, Jean Castex a annoncé une enveloppe supplémentaire de deux milliards d'euros pour l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), dont le budget, passé de 5 à 10 milliards d'euros durant le quinquennat, est ainsi porté à 12 milliards.

 

Cette enveloppe doit notamment servir à "débloquer des projets en attente de financements, notamment des gros quartiers à Marseille ou en Ile-de-France", a précisé Matignon. Elle correspond exactement à la revendication formulée cette semaine par l'Union sociale pour l'habitat (USH), qui fédère tout le monde HLM, "pour améliorer à court et moyen terme les conditions de vie des habitants".

 

L'Union s'est félicitée, quelques heures après la visite, d'une "avancée notable". Portée par Action Logement (1,4 milliard d'euros), les organismes HLM (368 millions) et l'Etat (200 millions), cette enveloppe financière supplémentaire "permettra de répondre aux besoins importants de la rénovation urbaine, pour mieux traiter des quartiers pour lesquels des arbitrages avaient dû être faits, et pour amplifier l'intervention dans des domaines essentiels : qualité environnementale des rénovations, restructurations des espaces publics, équipements de proximité", a décrypté l'USH.

 


"Un effort sans précédent"

 

"C'est un effort sans précédent", a souligné le Premier ministre, qui l'a illustré par une visite sur le site de Grigny 2, un ensemble de 5.000 logements réunis en une seule copropriété, où des travaux d'urgence et de réhabilitation au long cours sont nécessaires. Répondant à "l'appel au secours" lancé fin 2020 par un collectif de maires de tous bords, Jean Castex a rappelé sa promesse de flécher 1% - soit un milliard d'euros - du plan de relance vers les quartiers prioritaires. Mais "on demande un contact tous les mois avec le cabinet du Premier ministre pour s'assurer de la mise en œuvre" de ces crédits, a plaidé Philippe Rio, le maire PCF de Grigny.

 

Ces mesures gouvernementales doivent former la première brique d'un plan pour l'égalité des chances, promis par l'exécutif pour faire pendant au très régalien projet de loi de lutte contre les "séparatismes", qui vise principalement l'islamisme radical.

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