BILAN ET PERSPECTIVES. Le crowdfunding immobilier poursuit sa croissance. 2017 a été une très bonne année pour l'activité et les deux à venir s'annoncent prometteuses, estime une étude Xerfi. Mais le nombre de plateformes a été multiplié par 5.

Depuis la création des plateformes de crowdfunding immobilier, leur activité ne cesse de progresser. En 2017, les levées de fonds ont bondi de +80% pour dépasser les 100 millions d'euros, révèle une étude de Xerfi publiée ce 23 mai 2018. Et ce malgré la défaillance d'un promoteur qui s'était financé sur Wiseed et Anaxago. Selon l'éditeur, "un nouveau cycle commence" pour les plateformes qui cherchent désormais "à restaurer leur crédibilité auprès des investisseurs". L'activité devrait continuer à croître en 2018 et 2019, estime Xerfi qui prévoit un doublement des montants collectés d'ici à 2019 pour atteindre 220 millions d'euros. De bons résultats qui devraient s'expliquer par des taux de rendement élevés (proches des 10%), un engouement des Français pour ce financement participatif et l'investissement dans la pierre. Xerfi souligne également que "la mise en place du prélèvement forfaitaire unique depuis le 1er janvier 2018 confortera l'attractivité" de ces plateformes.

 

Le nombre d'acteurs sur ce marché est également en "pleine expansion", indique Xerfi. Les experts de l'éditeur ont ainsi recensé 35 plateformes sur ce créneau en mars 2018. Mais malgré cette "multiplication" des intervenants, le crowdfunding immobilier "reste assez concentré" et cinq acteurs assurent à eux seuls les trois quarts des montants levés. A commencer par les généralistes Wiseed et Anaxago. Les plateformes spécialisées dans la promotion immobilière comptent aussi comme Homunity, Fundimmo et Lymo.

 

Quelle stratégie pour rester dans la course ?

 

Cependant, Xerfi prédit que "la question de l'adéquation du nombre de plateforme avec la taille du marché va vite se poser" jugeant "difficile à 35 acteurs de survivre, même avec une croissance forte". "En clair, la concentration va monter d'un cran au profit des plateformes dotées d'une base de clients étoffée", expliquent ses experts. Pour rester dans la course, elles cherchent à "mobiliser des effets de réseau". Plusieurs cela, elles développent par exemple des partenariats avec l'ensemble des acteurs de la filière de l'immobilier mais aussi avec des acteurs financiers.

 

Les plateformes cherchent aussi à rassurer les investisseurs "grâce à une professionnalisation accrue". Autres pistes explorées : "l'expansion territoriale" et la "diversification des opérations" comme par exemple "le soutien à des projets non résidentiels neufs, voire même des projets de rénovation". Une activité qui pourrait être prometteuse alors que le Gouvernement entend justement accélérer la rénovation des bâtiments.

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