RENOUVELABLES. Un groupe de 120 parlementaires, issus des rangs de la majorité LREM mais également d'autres groupes politiques, a adressé un courrier au Premier ministre afin de réclamer un Programmation pluriannuelle de l'énergie plus ambitieuse. Portée par des élus de l'ouest, cette proposition met en avant les ressources françaises dans l'éolien et le biogaz.

La Programmation pluriannuelle de l'énergie est toujours en phase de consultation pour les périodes 2019-2024 et 2025-2029. Selon plusieurs acteurs du secteur, la dernière version discutée manquerait d'ambition dans plusieurs domaines cruciaux de la production d'énergie, au point que 120 députés prennent leur plume pour interpeler directement Edouard Philippe. L'initiative "Accélérons la transition", lancée par Jimmy Pahun (LREM, Morbihan) et Jean-Charles Larsonneur (LREM, Finistère), rassemble des femmes et hommes politiques de tous bords, puisqu'on retrouve parmi les signataires Jean-Christophe Lagarde (UDI, Seine-Saint-Denis) ou Christophe Bouillon (PS, Seine-Maritime).

 

Des propositions déjà formulées par les filières en question

 

Les élus font le constat suivant : "Si le projet de PPE reconnaît à un très bon niveau la contribution de plusieurs filières - bois, éolien terrestre, solaire photovoltaïque notamment - (…) d'autres ne nous semblent pas, pour l'instant, considérées à la hauteur de leur immense potentiel environnemental et économique". Le courrier rappelle que la France dispose d'un immense espace maritime et que les énergies marines renouvelables, encore très peu développées, pourraient largement contribuer à la fourniture d'une électricité décarbonée. Les signataires avancent le chiffre de 10 % de l'électricité produite au-delà de 2030. Ils mettent en avant la maturité des technologies, puisque 18,5 GW de puissance sont installées partout en Europe (principalement en mer du Nord) et que l'implantation de parcs éoliens en mer seront générateurs de milliers d'emplois pour produire les machines, les déployer puis les exploiter et les entretenir. Le courrier évoque également le potentiel agricole de la France et la possibilité d'y obtenir du biogaz en valorisant des déchets. Une solution qui aurait un autre avantage, celui d'apporter un complément de revenu aux agriculteurs.

 

Aussi, les 120 signataires demandent-ils que les objectifs pour ces deux filières soient revus à la hausse dans la future PPE révisée. Ils fixent la cible à 1 GW/an pour l'éolien offshore (contre 0,5 GW actuellement) et, pour le biogaz, à 10 % de la consommation d'ici à 2030. D'autres acteurs du monde de l'énergie avaient déjà réagi lors de la publication de la proposition de PPE révisée, dont le Syndicat des énergies renouvelables (SER) qui notait, lui aussi, la faible confiance accordée aux énergies marines et le peu de cas fait à la géothermie. Il rappelait son "gros potentiel" et ses caractéristiques de localité, de permanence, de performance et de discrétion en surface. La Fedene, de son côté, avait un sentiment mitigé sur une programmation trop centrée sur l'électricité, tout comme Coénove, rassemblant les acteurs de la filière gaz. L'Ademe, de son côté, estime que les renouvelables, savamment mobilisées, pourraient parfaitement assurer l'approvisionnement énergétique français en 2050, en remplaçant notamment le nucléaire au fur et à mesure de l'extinction des différentes centrales atteintes par la limite d'âge.

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