RENOUVELABLES. Laquelle de l'énergie éolienne ou solaire est en avance sur l'autre ? Où se situe la production électrique de biogaz par rapport aux deux autres sources ? Des questions qui trouvent leurs réponses dans les statistiques trimestrielles du Commissariat général au Développement durable, dont les données pour le 2e trimestre de 2018 viennent d'être publiées.

Le bouquet énergétique français évolue par la montée en puissance des renouvelables. Qu'il s'agisse de fermes éoliennes, de centrales photovoltaïques ou d'unités biogaz, les installations de multiplient sur tout le territoire. Le ministère de la Transition écologique et solidaire publie trimestriellement les chiffres des différentes filières afin de visualiser la progression de toutes ces sources de courant électrique.

 

Eolien terrestre et PV : les champions

 

A la fin du mois de juin 2018, la puissance cumulée des 1.700 parcs éoliens français atteignait presque les 14 GW, dont 0,4 GW raccordés au cours des six derniers mois (soit une quarantaine de nouveaux parcs). Près des 2/3 de cette capacité totale (9,2 GW) correspond à des installations dont la puissance moyenne est comprise entre 8 et 12 MW. Le déploiement de turbines va se poursuivre puisque la puissance des projets en cours d'instruction atteint les 12 GW (plus de 720 fermes) dont 2,3 GW avec des conventions de raccordement déjà signées. Géographiquement, la moitié de la puissance est concentrée dans les régions Hauts-de-France et Grand Est (plus de 3,2 GW chacune). Les régions Occitanie, Centre-Val de Loire et Bretagne abritent chacune plus de 1 GW de puissance raccordée, alors que Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse et Île-de-France ne représentent à elles toutes que 1,3 % des capacités françaises. Concernant la production, elle atteint les 14,2 TWh sur le premier semestre de 2018 : "C'est la production la plus importante constatée sur un semestre pour la filière, qui s'explique notamment par des conditions météorologiques très favorables au cours du premier trimestre et, dans une moindre mesure, par le développement du parc", analyse le CGDD. Les éoliennes ont fourni 5,7 % du courant électrique français sur les 6 premiers mois de l'année.

 

Pour le photovoltaïque, la puissance totale déployée en France atteint les 8,5 GW, dont 0,48 raccordés au début de 2018. Il existe en tout, plus de 412.000 installations sur le territoire national. La capacité moyenne des 10.000 dernières centrales raccordées dépasse les 250 kW. Quant à la puissance des projets encore en file d'attente, elle atteint les 3,5 GW, dont 0,92 GW dispose d'ores et déjà d'une convention signée. L'objectif fixé pour fin 2018 était atteint à 84 % à la moitié de l'année. Contrairement à l'éolien, concentré dans le Nord du pays, l'énergie solaire se focalise plutôt sur la moitié Sud : les régions Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, totalisent 85 % des nouvelles puissances et 70 % de tout le parc photovoltaïque national. La production des centrales s'est élevée à 4,7 TWh au cours du premier semestre 2018 (+5 %) ce qui correspond à 1,9 % de la consommation électrique française.

 

Biogaz, le petit poucet

 

Enfin, pour les installations de biogaz produisant de l'électricité, les chiffres sont évidemment moins élevés. A la mi-2018, 588 unités étaient raccordées au réseau, soit 442 MW de puissance (+13 MW). Les installations de méthanisation sont les plus nombreuses tandis que celles de traitements des déchets non dangereux déploient les puissances unitaires les plus fortes. Du côté de la file d'attente, 71 MW étaient dans la file au 30 juin, soit tout de même 261 projets supplémentaires. Les régions Île-de-France (76 MW), Grand Est (51 MW), Nouvelle Aquitaine (44 MW) et Hauts-de-France (42 MW) totalisent près de la moitié des capacités françaises de production électrique à partir de biogaz. Quant à la production mesurée au cours des 6 premiers mois de l'année, elle est de 1 TWh (+10 %). Cela correspond à 0,4 % de l'électricité consommée sur la même période.

 

Les trois énergies renouvelables électriques couvrent donc 8 % des besoins nationaux, sans même prendre en compte l'hydroélectricité, puissante pourvoyeuse d'électrons en France (20 % du mix). Ainsi, c'est le tiers du courant français qui est d'origine verte.

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