ETUDE. Quelle est la part des consommations non réglementaires ? Comment le climat impacte-t-il la performance énergétique des constructions ? Et le comportement des occupants ? Des questions qui trouvent leurs réponses dans le rapport Prebat, publié cet été.

La plateforme de recherche et d'expérimentation sur l'énergie dans le bâtiment (Prebat), livre des enseignements de son programme "Bâtiments démonstrateurs à basse consommation", initié en 2006, et qui a vu la réalisation de près de 3.000 constructions sur tout le territoire. Parmi ceux-ci, 200 ont été instrumentalisés afin de suivre leurs performances sur des durées de 2 ans. Le Cerema* et des bureaux d'études ont analysé une partie de cet échantillon (141 opérations dont 30 % de rénovations) entre 2012 et 2017 pour livrer de nombreux enseignements sur les consommations mesurées, l'impact des conditions d'occupation et de la météorologie, le confort d'usage et les coûts. Des données intéressantes mais qui ne peuvent pas considérées comme totalement représentatives vu la taille parfois réduite des effectifs.

 

Toute une somme de facteurs vient modifier les performances

 

Premier enseignement : la répartition et l'ampleur des postes de consommation des bâtiments performants sont très différentes de celles des constructions courantes (soumises à l'époque à la RT2005). Les consommations des postes réglementés varie de 35-45 kWh/m².an à 110-200 kWh/m².an selon si l'on considère les maisons individuelles (plus performantes), les logements collectifs ou les immeubles de bureaux et autre ERP. Le chauffage reste le premier poste à hauteur de 50 % environ, tandis que l'eau chaude sanitaire demeure importante en habitation et que la ventilation occupe la deuxième place pour le tertiaire. Une tendance est observée : celle d'une baisse significative des consommations entre la 1re et la 2e année d'occupation, souvent supérieure à -10 kWh/m².an, grâce à un réglage plus fin des équipements et un "séchage des bâtiments". Le Cerema note que les consommations non réglementées atteignent entre 20 et 80 kWh/m².an et représentent entre 30 et 50 % de la consommation totale : "Les efforts portés sur la performance thermique des bâtiments ont fait baisser la consommation des postes réglementés, augmentant de fait la part relative des autres postes".

 

Deuxième enseignement : des données comme la vitesse du vent et l'intensité du rayonnement solaire viennent perturber la proportionnalité simple entre température extérieure et consommation. Le rapport détaille : "Au regard des besoins réduits des bâtiments énergétiquement performants, les conditions météorologiques peuvent faire varier significativement la consommation annuelle de chauffage". Les chiffres avancés sont de +/- 4 kWh/m².an d'une année à l'autre mais les écarts peuvent atteindre 28 kWh/m².an en valeur absolue ! D'autre part, les températures de consigne sont systématiquement plus hautes que la température de confort conventionnelle de 19 °C, généralement située au-dessus de 20 °C. L'explication est simple : "Afin que le local chauffé ne soit jamais en défaut de confort". Mais, pour les bâtiments performants, la règle généralement admise de +7 % de consommation pour 1 °C d'écart de température, n'est plus applicable. Le Cerema avance des valeurs absolues : +1,8 kWh/m².an pour le tertiaire, +2,2 pour l'habitat collectif et presque +4 pour les maisons individuelles. La raison : des scénarios conventionnels d'occupation bien pensés dans la RT2005 pour les bureaux et immeubles de logement, moins applicables à l'échelle d'une construction isolée. L'étude s'intéresse également aux apports internes en période d'occupation, c'est-à-dire la chaleur dégagée par les occupants d'un espace. S'ils sont relativement faibles dans les habitations (4-5 kWh/m².an), ils augmentent dans les bâtiments publics ou tertiaires pour friser les 10 kWh/m².an, en raison de l'utilisation d'équipements informatiques toute la journée et d'une densité humaine plus élevée que dans une maison. Ce qui fait dire aux spécialistes : "Dans les bâtiments à basse consommation, les apports internes représentent une part de plus en plus importante dans la couverture des besoins de chauffage".

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* Cerema : Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement

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