De nombreuses organisations et associations, syndicales ou non, ont également fait part de leur inquiétude ou de leur engagement contre le FN. L'Association des Maires Ruraux de France adresse une lettre ouverte à Emmanuel Macron. Ceux qui revendiquent d'être "en première ligne pour recueillir et comprendre les motivations de leurs concitoyens" se disent fatigués de "se battre pour conserver l'essentiel des services publics". Ils souhaitent que la France sorte - non pas de l'Europe - mais "de l'idéologie portée par les funestes lois territoriales des derniers temps" et fustigent la tendance à la centralisation : "La France rurale souffre d'être maintenue à la marge et ignorée par les pouvoirs publics qui n'ont que le mot 'métropolisation' à la bouche". Mais ils annoncent : "Le vote Frontiste est un symptôme et non une solution" puis dénoncent "des propos démagogiques". Le courrier fait valoir : "Les Maires ruraux chérissent la démocratie et la République et pour cela, sans tergiverser, appellent à voter pour le seul candidat qui incarne ces valeurs, M. Emmanuel Macron". Pour autant, ils ne donnent pas un blanc-seing au leader du mouvement En Marche ! et précisent qu'il s'agit d'un "OUI MAIS", en souhaitant voir adopter les 150 propositions concrètes qu'ils ont formulé lors de leurs Etats GénérEux de la Ruralité.

 

Autre prise de position, plus radicale, celle de la CFDT Construction et Bois, qui, à l'issue de son conseil fédéral de la fin du mois d'avril, déclare : "Le Front National est un parti autoritaire, antidémocratique, xénophobe et de régression sociale. Il se nourrit des peurs et porte dans sa matrice la recherche permanente de boucs émissaires et la stigmatisation de catégories de la population pour opposer les Français et les citoyens les uns aux autres". Le communiqué annonce : "En conscience et responsabilité, le dimanche 7 mai 2017, nous appelons nos adhérent(e)s et nos sympathisant(e)s à participer massivement au scrutin et à voter pour faire battre le Front National". Mais il tempère également : "Le vote pour Emmanuel Macron n'est pas un vote d'adhésion à son programme, pour lequel la CFDT a déjà porté un regard critique". Il s'agit donc uniquement de faire barrage au FN.

 

La Fédération Française du Bâtiment, pour sa part, se félicite qu'Emmanuel Marcon ait "imposé dans les débats le thème essentiel de la fracture territoriale" qui se dessine entre métropoles riches et villes en déclin. Elle se déclare prête, avec ses adhérents, à relever le défi "en accompagnant toute mesure permettant d'irriguer d'activité et d'emploi l'ensemble du territoire" afin de lutter contre la désertification des centres villes et l'inadaptation de l'offre de logements. Et la fédération plaide pour une action concertée de l'ensemble des parties prenantes : Etat, élus, bailleurs sociaux et entreprises. De son côté, la Fédération Syntec avait appelé plus clairement, dès le 26 avril, à voter "contre Marine Le Pen, et donc, en faveur d'Emmanuel Macron".

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