MÉTIERS. Les professionnels du génie climatique et de la qualité de l'air intérieur ont officiellement lancé ce 27 janvier 2021 l'Association française de la ventilation, une nouvelle structure dédiée au développement de la filière. Avec ses sept membres fondateurs, l'organisation espère bien renforcer et coordonner l'activité de l'ensemble des acteurs.

Ce 27 janvier 2021 a été donné le coup d'envoi de l'Association française de la ventilation (AFV), une nouvelle structure dédiée au développement de la filière. Les professionnels du génie climatique et de la qualité de l'air intérieur ont décidé de se rassembler dans cette organisation inédite pour renforcer et coordonner leurs actions, aussi bien à destination des bâtiments résidentiels que tertiaires, du marché du neuf comme de celui de la rénovation. La toute jeune AFV peut d'ores-et-déjà se prévaloir de représenter environ 150.000 entreprises, 400.000 emplois, 75 usines et 2.200 points de distribution, grâce au poids de ses sept membres fondateurs, que sont la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), la Fédération des services énergie et environnement (Fedene), la Fédération des négociants en appareils sanitaires (Fnas), le Syndicat national des entreprises du froid, d'équipements de cuisines professionnelles et du conditionnement de l'air (Sneffca), le Syndicat national de la maintenance et des services en efficacité énergétique (Synasav), l'Union des métiers du génie climatique, de la couverture et de la plomberie affiliée à la Fédération française du bâtiment (UMGCCP-FFB) et Uniclima, le syndicat des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques.

 

La prise en compte de la qualité de l'air intérieur "n'est pas encore au rendez-vous"

 

Des membres fondateurs qui couvrent toutes les étapes de la chaîne de production du génie climatique, de la fabrication à l'exploitation-maintenance en passant par la distribution et l'installation. L'AFV s'estime ainsi bien armée pour se lancer dans son travail de rassemblement des acteurs et de promotion de la ventilation, en soulignant à ce sujet la volonté de mieux prendre en compte la santé et le bien-être des occupants tout en s'intéressant à l'efficacité énergétique de solutions simples et peu coûteuses. Parmi les objectifs de l'association fraîchement créée, la communication sera donc un pilier essentiel pour débattre et diffuser les connaissances sur la qualité de l'air intérieur, parallèlement au développement de la performance des systèmes. Favoriser l'entretien et le suivi des installations, et s'engager pour des pratiques responsables auprès des utilisateurs sont également inscrits à l'ordre du jour.

 

Mais le dossier le plus volumineux sera probablement celui de l'action menée auprès des pouvoirs publics, français comme européens, pour influer sur la réglementation en vigueur dans le domaine de la ventilation. La reconnaissance de leurs métiers étant à leurs yeux accomplie, les professionnels veulent maintenant concrétiser leurs actions. "Cette idée d'association est née au sein du club de la ventilation, partant du constat que beaucoup d'installations n'étaient pas entretenues", explique Jean-Claude Rancurel, président des métiers couverture/plomberie/chauffage à la Capeb et vice-président de l'AFV. "L'association vient en complément du club, et son but est de faire de l'excellence dans la ventilation, pour faciliter la vie dans les entreprises et sur les chantiers." Considérant que la prise en compte de la qualité de l'air intérieur "n'est pas encore au rendez-vous", l'AFV souhaite informer les clients comme les artisans, en mettant l'accent sur la bonne réalisation des installations.

 

34% seulement des occupants ont déjà fait contrôler une fois le système de ventilation de leur logement

 

Car malgré quelque 14 millions d'interventions par an, les professionnels de la filière constatent toujours autant de problèmes d'humidité, de condensation, de moisissures, de mauvaise pose des réseaux, d'encrassement des systèmes... Des configurations qui peuvent rendre l'air intérieur jusqu'à 9 fois plus pollué que l'air extérieur ! On lui imputerait ainsi 20.000 décès directs chaque année, et un coût annuel pour la collectivité estimée à 20 milliards d'euros. De quoi faire de la maintenance régulière des installations de ventilation un enjeu de santé publique. Pourtant, une étude menée par le Synasav et l'institut BVA en septembre 2018 a montré que 84% des occupants considèrent que la qualité de l'air de leur logement est bonne, pendant que 45% ne connaissent pas le type de ventilation de leur logement et que 34% seulement ont déjà fait contrôler une fois leur système. Comment faire dès lors pour améliorer la qualité de l'air intérieur ? "En sensibilisant et en conseillant les occupants, en qualifiant - et donc en formant - les techniciens, en faisant évoluer la réglementation et en proposant des outils, comme des aides au diagnostic ou des contrats d'entretien", énumère Roland Bouquet, président du Synasav et autre vice-président de l'AFV.

 

Et avec un taux de remplacement des installations oscillant entre seulement 5 et 7% par an dans le logement individuel, la route est encore longue. Mais la jeune association se veut optimiste, jugeant son objectif de systématisation de l'entretien "réaliste" selon les mots de Jean-Pascal Chirat, vice-président de la Fnas et vice-président également de l'AFV. Lequel veut croire que les pouvoirs publics iront dans le même sens que les professionnels de la filière : "Nous sommes dans un contexte réglementaire qui est plutôt favorable", a-t-il affirmé en conclusion.

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