Le premier exportateur mondial de pétrole se décide à préparer "l'après" : l'Arabie saoudite prévoit de tirer 10 % de son électricité à partir de sources renouvelables en 2023. La quasi-totalité est aujourd'hui produite par des unités thermiques qu'il faudra remplacer par des installations solaires ou éoliennes. Détails.

A l'image des autres monarchies du Golfe arabo-persique qui investissent dans des technologies d'énergies renouvelables, éolien offshore pour les Emirats arabes unis ou solaire à concentration pour Dubaï, l'Arabie saoudite va réformer son secteur énergétique pour préparer l'avenir. Riyad a indiqué souhaiter produire 10 % de son électricité à partir de sources renouvelables d'ici moins de 6 ans. Le pays a annoncé lancer un plan de 30 projets à mettre en œuvre pour parvenir à produire 9,5 à 10 GW de courant en 2023. L'investissement sera conséquent, compris entre 27,5 et 46 Mrds € selon Khaled al-Faleh, le ministre de l'Energie. Dans le cadre d'un forum, il a déclaré : "Nous voulons que le royaume devienne, à moyen terme, un pays qui développe, fabrique et exporte des technologies avancées de production d'énergies renouvelables. C'est une vraie transformation". Pas question pour autant de faire revivre l'initiative Desertec, tombée dans l'oubli.

 

Un gigantesque marché à prendre pour les entreprises internationales

 

Les besoins électriques du pays sont en constante croissance et devraient dépasser les 120 GW en 2032, selon les estimations du gouvernement. Il entend donc miser sur un mix énergétique diversifié, à l'image de ce qu'il se fait dans les autres économies développées, Europe en tête. Il est notamment prévu que l'Arabie saoudite investisse près de 100 Mrds € pour construire 16 réacteurs au cours de la prochaine décennie. Mais ces centrales seront épaulées par un grand nombre d'autres projets, dont une première centrale solaire de 300 MW et un parc éolien de 400 MW. Le ministre explique : "Nous n'avons pas encore conçu le programme nucléaire et nous travaillerons sur diverses options" tenant en compte des "réglementations".

 

Une cinquantaine d'entreprises internationales ont d'ores et déjà été sélectionnées pour répondre aux besoins : 27 compagnies pour la centrale solaire et 24 pour le parc éolien. Parmi elles figurent notamment EDF Energies Nouvelles. D'autres firmes japonaises, canadiennes ou coréennes ont été retenues. Elles disposent de trois mois pour présenter leurs propositions formelles, mais le nombre conséquent de réponses, plus d'une centaine, a fait dire à Khaled al-Faleh qu'elles démontraient "la confiance dans [le] potentiel d'énergies renouvelables et [le] climat d'investissement". A moins que de nouvelles réserves de pétrole ne soient découvertes dans le sous-sol du pays, l'économie de Riyad va donc s'orienter - lentement - vers une décarbonation.

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