Le chef de l'Etat a annoncé, vendredi 19 septembre, que la nouvelle prime de 1.000 euros pour les entreprises de moins de 50 salariés s'appliquera finalement "à tout apprenti supplémentaire". Autre nouveauté : elle sera portée à 2.000 euros pour les TPE. L'UPA se félicite d'un dispositif "utile" mais "loin d'être suffisant."

"Lever tous les obstacles à la relance de l'apprentissage" et répondre à l'objectif de 500.000 jeunes en alternance en 2017 ont été les leitmotiv de François Hollande, ce vendredi 19 septembre, lors des Assises de l'apprentissage organisées, à l'Hôtel de Marigny.

 

A l'issue d'une longue matinée de travaux*, le chef de l'Etat, pressé par l'urgence, a annoncé de nouvelles mesures en la matière. La nouvelle prime de 1.000 euros pour les entreprises de moins de 50 salariés qui embauchent un premier apprenti, votée en juillet dernier par le Parlement, s'appliquera finalement aussi "à tout apprenti supplémentaire", et elle sera portée à 2.000 euros pour les TPE, a-t-il clarifié d'emblée.

 

La prime sera alors accordée "sans condition pour cette rentrée" et entre en vigueur "dès le 1er septembre", mais elle ne sera prolongée à la rentrée prochaine de 2015 que pour les entreprises des secteurs "ayant signé un accord de branche", a-t-il précisé.

Vers une exigence de la commande publique à l'encontre de la formation des jeunes

Et de poursuivre : "La commande publique devrait tenir compte de l'effort de formation des jeunes que proposent les entreprises". "Ce sera donc désormais une clause qui figurera dans les marchés publics.".

 

Par ailleurs, le chef de l'Etat a relevé "la tendance à la baisse" des entrées en apprentissage et appelé à "la mobilisation de tous les acteurs". Mais, d'après lui, "ce qui compte c'est moins le chiffre lui-même que la qualité de la formation, de l'accompagnement permettant d'accéder à un emploi et à un véritable métier".

 

L'UPA, qui appelait depuis plusieurs mois à une mobilisation générale, pour faciliter la rupture du contrat d'apprentissage et permettre les réorientations en cours de route, se félicite tout de même des annonces. "Le Président de la République et le gouvernement ont enfin pris conscience que l'augmentation du nombre d'apprentis ne se décrète pas et que des signes forts doivent être adressés aux acteurs de l'apprentissage pour inverser la tendance actuelle à la baisse", signalent ses responsables dans un communiqué. Ces derniers constatent ainsi que plusieurs mesures annoncées, bien que tardives et insuffisantes, vont dans le bon sens.

 

"La décision de limiter les interdits appliqués aux apprentis mineurs répond clairement aux attentes des chefs d'entreprise. Encore faudra-t-il que cette décision soit mise en œuvre rapidement et en concertation avec les représentants des entreprises."

 

"Un élargissement loin de compenser le soutien financier"
Néanmoins, cet élargissement sera loin de compenser le soutien financier qui était consenti aux employeurs d'apprentis jusqu'en 2013, et "on continuera de faire le forcing pour obtenir une mesure de soutien simple, éligible à toutes les entreprises, et qui soit à la hauteur de l'investissement consenti par l'entreprise pour former des apprentis", a indiqué Patrick Liébus, vice-président de l'UPA, au cours de la table ronde. Le développement de l'apprentissage devra être, dans les discussions futures, la principale contrepartie au pacte de Responsabilité.

 

Pour rappel, dans le secteur du bâtiment, les derniers résultats économiques et le nombre de jeunes en formation sont en recul (- 8 %) par exemple dans le réseau de l'apprentissage du CCCA-BTP au cours de l'année 2013-2014.

 

*Etaient réunis François Rebsamen (Travail), Najat Vallaud-Belkacem (Education), Marylise Lebranchu (Fonction publique) et Carole Delga (Commerce et Artisanat) et près de cinquante représentants de partenaires sociaux dont l'UPA, des Régions et de chambres consulaires (commerce et industrie, artisanat, agriculture).

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