PARIS 2024. La Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) entre dans "un moment de bascule" : après la conception des projets, place aux chantiers, notamment sur le village olympique.

A l'automne 2021, les travaux de la moitié des ouvrages pour les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris, en 2024, auront démarré. C'est ce que vient de promettre la Solideo - Société de livraison des ouvrages olympiques.

 

Après trois ans de conception pour les 62 projets pérennes à réaliser, en collaboration avec 29 maîtres d'ouvrage, 13 cofinanceurs, place donc à la construction : "nous sommes à un moment de bascule", explique ainsi Nicolas Ferrand, directeur général de la Solideo.

 

Le village olympique : plus grand chantier monosite de France

 

Au cœur de ces chantiers à venir : celui du village olympique, s'étendant sur 30.000 m2 entre Saint-Denis, Saint-Ouen et l'Ile-Saint-Denis. Les travaux du "plus grand chantier monosite de France", comme le qualifie la Solideo, pourront démarrer au printemps. "Les 26 permis de construire ont été obtenus et les ventes signées", se réjouit le directeur général. Les opérations de déconstruction se terminent. Au total, ces seuls travaux mobiliseront 4.000 compagnons, et près de 35 grues seront utilisées pour les réaliser.

 

La bonne nouvelle : la crise sanitaire n'a fait prendre qu'un petit mois de retard. La moins bonne : un investisseur canadien, partenaire de Vinci, s'est retiré. Le village olympique deviendra, en 2025, un quartier résidentiel. Par ailleurs, 50.000 m2 de bureaux y seront construits et attendent preneurs. Un ministère serait sur les rangs pour y installer son administration centrale, l'appel d'offres est en cours.

 

9.000 ouvriers mobilisés fin 2021

 

Au printemps commencera également la réalisation du centre aquatique olympique (CAO), sur la ZAC Plaine-Saulnier, sous la maîtrise d'ouvrage de la métropole du Grand Paris. Pour rappel, la construction, la maintenance et l'exploitation de l'ouvrage ont été confiés à Bouygues Bâtiment Ile-de-France.

 

Concernant le village des médias, la signature des promesses de vente date de la fin de l'année 2020. Les travaux de viabilisation des terrains ont commencé et les permis de construire doivent être déposés d'ici au mois de mars. La construction de l'Arena 2 Porte de la Chapelle, sous maîtrise d'ouvrage de la Ville de Paris et également confiée à Bouygues Bâtiment Ile-de-France, devrait aussi commencer dans l'année. Au total, 9.000 ouvriers seront ainsi mobilisés sur la construction des ouvrages olympiques : 1.400 maçons, 780 menuisiers ou encore 600 peintres selon les calculs de la Solideo.

 

Des oppositions et un recours rejeté

 

Malgré les opportunités vantées par la Solideo et les politiques, les projets associés aux JOP ne font pas l'unanimité. Des associations protestent par exemple contre la cession d'une partie du parc départemental Georges-Valbon, en Seine-Saint-Denis, qui doit accueillir le village des médias puis être transformé en écoquartier. "Ces parcelles, affectées depuis des dizaines d'années aux loisirs et sports, fêtes [elles accueillent notamment la Fête de l'Huma, NDLR], ces espaces verts et boisés avec leur biodiversité, leur faune et flore seront détruits et cédés par lots à des bétonneurs et promoteurs", dénoncent les opposants, qui avaient déposé un recours en référé le 28 décembre 2020 devant la cour administrative d'appel de Paris.

Vers le dépôt d'un recours contre l'autorisation environnementale

La justice a rejeté ce recours, mais le collectif d'associations qui en est à l'origine entend en déposer un autre, cette fois contre l'autorisation environnementale délivrée par le préfet de Seine-Saint-Denis.

 

A Saint-Denis, c'est autour du carrefour Pleyel et d'un échangeur autoroutier que les oppositions se cristallisent. Le maire de la ville, Mathieu Hanotin, ne semble cependant pas inquiet : "la fraction de gens contre les JO est extrêmement minoritaire en Seine-Saint-Denis", estime-t-il. Et à Aubervilliers, c'est la suppression d'une vingtaine de parcelles dans les jardins ouvriers en raison de l'arrivée d'une piscine en vue des Jeux qui est vu d'un mauvais œil.

 

750 millions d'euros engagés qui irriguent le territoire

 

Niveau timing, les délais sont donc bons, alors que les ouvrages doivent être livrés fin 2023. Et côté budget, les comptes sont tenus, assure la Solideo : "nous ne dépassons pas notre seuil et maîtrisons notre budget à hauteur de 1,386 milliard d'euros HT" d'argent public (sur 3,2 milliards au total). En 2021, 750 millions d'euros seront engagés, dont 276 millions de subvention de la Solideo.

 

Les opportunités liées aux JOP 2024 doivent bénéficier aux entreprises du territoire, martèle la Société de livraison des ouvrages olympiques. Ainsi, parallèlement à la bonne tenue des délais et des comptes, elle s'enorgueillit aussi des premiers résultats de la charte signée en faveur de l'emploi et du développement territorial : 538 TPE et PME sont engagées dans un marché olympique, ainsi que 28 structures de l'économie sociale et solidaire, pour un montant de 141 millions d'euros. Soit plus de 20% du montant des marchés passés précise-t-elle.

 

Les prochains rendez-vous sont donnés à partir de l'été 2021. A ce moment, la Solideo promet de faire découvrir en détail ses projets et de commencer à programmer des visites sur le chantier du village olympique.

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