Trois zones sur l'ouvrage font l'objet d'un autre renforcement spécifique : les bielles d'about des poutres, l'entraînement des blochets, et en sous-face des hourdis pour reprendre l'effort de flexion entre deux poutres, le tablier ne faisant, rappelons-le, que 18cm d'épaisseur.

 

Pour cela, l'une des solutions possibles consistait à "remettre de l'acier en partie basse des hourdies, ferrailler et projeter à nouveau du béton". Mais cela aurait eu pour inconvénient d'alourdir l'ouvrage et donc de le renforcer davantage encore, expliquent les responsables de travaux. Freyssinet a donc plutôt opté pour une autre solution qu'elle développe depuis 1994 : le tissu de fibre carbone, ou TFC, plus légère, facile à mettre en place et conçue pour 100 ans. Le TFC est ainsi placé dans le sens du travail de l'acier et de la flexion permet de compenser les efforts.

 

Au total, 12km de ce tissu doivent être posés et contrôlés. Pour cela, "nous chauffons le support et passons une caméra infrarouge pour mettre en évidence les défauts, explique Yon Trentin. Nous traquons principalement les bullages et lorsqu'il y en a, nous vérifions qu'ils ne sonnent pas creux." Jusque-là, aucun bullage important n'a été constaté. Le TFC est ensuite sablé afin de pouvoir appliquer, à terme, une peinture anti-UV, conformément à la demande du maître d'ouvrage.

 

Pour la suite du chantier, les partenaires de Freyssinet auront aussi à réaliser l'étanchéité du tablier, les joints de chaussée, et l'application d'hydrophone sur les surfaces béton.

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