CHANTIER. Les deux tunneliers ont achevé le creusement de 10 km de la galerie d'amenée d'eau sous le massif de Belledonne. Après deux ans de travaux, environ 170.000 m3 de roche ont été extraits de la montagne pour permettre de raccorder le barrage de Livet à une future usine hydro-électrique.

Il y a un an, Batiactu vous faisait découvrir le plus grand chantier hydroélectrique de France : celui de la future centrale EDF de Romanche-Gavet, en Isère. Une installation appelée à remplacer, en 2020, six centrales et cinq barrages de la vallée de la Romanche. Une étape vient d'être franchie, à la fin du mois de décembre 2017, par la fin de deux ans et demi de percement par des tunneliers, sur une distance totale de 9,4 km, soit l'équivalent du tunnel du Mont Blanc.

 

En février 2017, un premier segment vers l'aval, de 3,8 km avait été achevé par "Rosali", une machine de 200 mètres de long et 4,74 m de diamètre. A elle seule, elle avait excavé environ 70.000 m3 de roche grâce à sa puissance de 2.910 kW, au rythme de 12 à 15 mètres par jour en moyenne. Sa jumelle, "Lilorosa", qui pèse également 630 tonnes, s'est pour sa part chargée de la partie amont, soit près de 6 km de galerie à percer. En tout, environ 200.000 m3 ont été extraits par les deux engins construits sur mesure pour le chantier, en fonction du type de roche rencontré et de la taille souhaitée de la galerie.

 

Un travail de fourmi(s)

 

Spie Batignolles TPCI explique que près de 550.000 heures de travail auront été nécessaires. Le groupe, mandataire du chantier, avait débuté les travaux dès 2011 avec des travaux préparatoires de génie civil, avant d'attaquer le creusement de la galerie, mais également de la cheminée d'équilibre et du puits blindé, des cavernes destinées à abriter les générateurs et de toutes les galeries techniques attenantes.

 

Selon EDF, le nouvel équipement sera plus sécurisé et mieux intégré sur le plan environnemental que l'ensemble des centrales et barrages qu'il remplacera. D'autant que la production, assurée par la centrale souterraine et ses deux groupes de type "Francis", développera une puissance maximale de 92 MW, soit +30 % de gain. La production annuelle s'établira à environ 560 millions de kWh/an, permettant de couvrir l'équivalent de la consommation électrique de 231.000 foyers. Le tout grâce à une chute de 280 mètres de dénivelé et un débit d'eau de 40 m3/seconde entre le lac sommital et la centrale située en bas de la galerie.

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