POLITIQUES PUBLIQUES. En visite à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) ce 26 juin 2019, le ministre de la Culture Franck Riester a rappelé la volonté du Gouvernement de préserver le patrimoine tout en laissant la possibilité aux collectivités territoriales de procéder à des reconversions de sites, à l'instar des tiers-lieux qui commencent à se développer un peu partout.

Centre culturel de La Clef, déambulation dans le centre historique, visite de la maison natale de Claude Debussy, de l'église de Saint-Germain et du château où Louis XIV a vu le jour le 5 septembre 1638... Le programme de ce 26 juin 2019 était chargé pour le ministre de la Culture Franck Riester, en déplacement à Saint-Germain-en-Laye, sous-préfecture des Yvelines. En compagnie d'élus locaux et de représentants de la société civile, le membre du Gouvernement a parcouru le centre-ville de la cité monarchique, tout en rappelant les principaux axes de la politique de l'exécutif en matière de préservation - et de reconversion - du patrimoine. Le ministre a ainsi pu rebondir sur des exemples locaux concrets détaillés par le maire-adjoint chargé de la culture, Benoît Batistelli.

 

"Saint-Germain compte plus de 41.000 habitants et s'illustre par son harmonie entre la nature et la ville. [Sur une superficie communale de plus de 4.800 hectares, la forêt domaniale en occupe en effet 3.540, ndlr.] C'est aussi une commune dynamique sur le plan économique, avec 800 commerces, et résolument orientée vers l'international", a expliqué l'élu local. "Nous avons aussi une politique culturelle ambitieuse du fait de l'histoire royale de notre ville et de son patrimoine historique exceptionnel, une ville qui a connu des personnages illustres comme Maurice Denis." Pour la municipalité, cette politique se décompose en trois axes : d'abord, valoriser le patrimoine matériel comme immatériel ; ensuite, développer la culture avec des équipements dédiés comme le théâtre Alexandre Dumas ; enfin, soutenir un réseau associatif dynamique et diversifié. "Face aux difficultés budgétaires, nous avons travaillé en synergie avec les acteurs associatifs. Cela foisonne et crée de la culture à l'échelon local", a abondé Arnaud Péricard, maire de Saint-Germain-en-Laye.

 

Plus de déconcentration et un soutien accru aux tiers-lieux

 

"J'ai essayé d'avoir trois grandes priorités depuis mon arrivée au ministère", a répondu Franck Riester. "La défense du patrimoine ; le fait de remettre la production artistique au coeur des politiques publiques et des territoires, par le biais de ce que l'on appelle les tiers-lieux ; et le fait de changer la philosophie du ministère en favorisant les initiatives et en accompagnant les projets." Dans les faits, le ministre souhaite opérer davantage de déconcentration, autrement dit transférer des compétences et des services de l'Etat aux collectivités territoriales, le but étant de "donner des moyens au plus proche du terrain". Le membre du Gouvernement a aussi cité l'exemple des microfolies, ces lieux de proximité cherchant à impulser une vie culturelle accessible au plus grand nombre et ce, à moindres frais, et qui se développent progressivement. Des projets mêlant musées numériques, scènes et "fab-labs" (laboratoires de fabrication) commencent ainsi à émerger, en complémentarité des tiers-lieux, et dont l'exécutif entend soutenir la croissance.

 

"La spécificité des tiers-lieux, c'est qu'il n'y en a pas deux pareils", reprend Franck Riester. "L'intérêt est de s'adapter aux lieux et aux personnes qui s'y impliquent." Et de rappeler le rôle joué par certains opérateurs, notamment publics : "J'ai rencontré hier Guillaume Pépy [président-directeur général de la SNCF, ndlr] avec qui j'en ai discuté ; la SNCF a maintenant une expertise et une ingénierie dans les tiers-lieux." L'entreprise procède en effet à des reconversions d'anciens sites désaffectés, à l'image du Quai des Possibles, l'ancienne gare SNCF de Saint-Germain-en-Laye Grande Ceinture (ligne Transilien), aujourd'hui transformée en tiers-lieu.

 


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